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Eugène Ysaÿe réévalué comme compositeur

À emporter, CD, Musique symphonique

Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Extase, poème n°4 pour violon et orchestre op. 21 ; Divertimento, fantaisie pour violon et orchestre op. 24 ; Chant d’hiver, poème n°3 pour violon et orchestre op. 15 ; Les Neiges d’antan, morceau pour violon principal et orchestre de cordes op. 23 ; Rêve d’enfant, pour violon et orchestre op. 14 ; Au rouet, poème n°2 pour violon et orchestre op. 13 ; Berceuse pour violon et orchestre op. 20. Amaury Coeytaux, Svetlin Roussev, violon. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Jean-Jacques Kantorow. 1 CD Musique en Wallonie MEW1681. Code barre : 5425008316819. Enregistré du 16 au 19 novembre 2015 en la Salle Philharmonique de Liège, Belgique. DDD. Notices quadrilingues (français, néerlandais, anglais, allemand) excellentes (Christophe Pirenne). Durée : 69’45.

 

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mew_eugene_ysaye_jeanjacques_kantorowUn premier CD Musique en Wallonie (MEW1472) consacré à des compositions d’ ayant été très favorablement accueilli par la presse internationale, le sympathique label belge continue sur sa lancée en nous en proposant un second tout aussi enthousiasmant qui réjouira à coup sûr non seulement les admirateurs de la musique du tournant du XIXe-XXe siècle, mais également les mélomanes friands de musique exprimant avec sincérité une réelle sensibilité, et l’exprimant bien.

Dès le microsillon, Musique en Wallonie s’est toujours attaché à propager les œuvres d’ : on se souviendra notamment d’un merveilleux disque (MW30) réalisé sous la direction artistique du regretté musicologue et critique Carl de Nys (1917-1996), et comprenant notamment le superbe Poème Nocturne pour violon, violoncelle et piano op. 29 interprété par le violoniste Gérard Jarry et le violoncelliste Frédéric Lodéon. Vint ensuite en CD l’unique enregistrement de son opéra wallon Piére li Houyeû (Pierre le Mineur, 1930), l’œuvre de toute une vie (MEW0844-45). Dans la foulée, Musique en Wallonie publia un superbe et original album des Sonates dédiées à Eugène Ysaÿe, comprenant les merveilleuses pages de Franck, Jongen, Lazzari, Lekeu, Magnard, Ropartz, Samazeuilh et Vierne (MEW0528-31).

Avec ce second disque de l’ dirigé par et consacré à des œuvres concertantes d’Eugène Ysaÿe, nous disposons de la quasi intégralité des Poèmes pour corde(s) et orchestre du violoniste-compositeur belge. Il n’est pas évident de donner une liste exhaustive de ces pages basées sur cette forme musicale inventée par Ysaÿe sous l’impulsion du modèle de Franz Liszt et César Franck, initiateurs du poème symphonique pour orchestre. En voici néanmoins une tentative : Poème n° 1, Poème élégiaque pour violon et orchestre op. 12, dont Chausson s’inspirera largement pour son célèbre Poème ; Poème n°2, Au rouet pour violon et orchestre op. 13 ; Poème n° 3, Chant d’hiver pour violon et orchestre op. 15 ; Poème n° 4, Extase pour violon et orchestre op. 21 ; Poème n° 5, Les neiges d’antan pour violon et orchestre op. 23 ; Poème n° 6, Amitié pour deux violons et orchestre op. 26 ; Poème n° 7, Poème nocturne pour violon, violoncelle et orchestre op. 29 ; Poème n° 8, Harmonies du soir pour quatuor à cordes et orchestre à cordes op. 31. La Méditation pour violoncelle et orchestre op. 16 est parfois aussi considérée comme poème.

Si le premier disque MEW1472 nous en offrait trois (Poème élégiaque, poème n° 1 ; Amitié, poème n° 6 ; Harmonies du soir, poème n° 8 ; avec aussi la Méditation pour violoncelle et orchestre op. 16), celui-ci nous en révèle quatre autres : Au rouet, poème n° 2 ; Chant d’hiver, poème n° 3 ; Extase, poème n° 4 ; Les neiges d’antan, poème n° 5. Au total il ne manque donc que le Poème nocturne (poème n° 7) pour violon, violoncelle et orchestre op. 29 déjà évoqué en début d’article, et il est à souhaiter ardemment qu’un troisième CD comble cette lacune.

Quoi qu’il en soit, si le premier volet MEW1472 réalisé en 2014 révélait huit solistes de l’, le second volet MEW1681 met judicieusement en valeur les deux jeunes violonistes (Berceuse, Chant d’hiver, Au rouet et Rêve d’enfant) et (Divertimento, Extase et Neiges d’antan), anciens élèves de , tous deux solistes à l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Le résultat final, qui nous fait pénétrer au plus profond de l’âme d’un pur musicien, est un véritable enchantement, d’une bouleversante beauté. Il est à espérer que ces pages admirables soient enfin durablement, et pas seulement avec simple accompagnement de piano, au programme de toutes les formations – dont pour cordes seules – qui se respectent !…

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