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Gieseking et ses merveilleux Debussy et Ravel

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, livres I & II ; Pour le piano ; Estampes ; Images, séries I & II ; Children’s Corner ; 12 Études ; Masques ; D’un cahier d’esquisses ; L’Isle joyeuse ; La plus que lente ; Le petit Nègre ; Berceuse héroïque ; Hommage à Haydn ; Suite bergamasque ; Danse bohémienne ; Rêverie ; Mazurka ; Valse romantique ; 2 Arabesques ; Nocturne en ré bémol majeur ; Danse (Tarentelle styrienne) ; Ballade ; Fantaisie pour piano et orchestre. Maurice Ravel (1875-1937) : Menuet antique ; Pavane pour une infante défunte ; Jeux d’eau ; Sonatine ; Miroirs ; Gaspard de la nuit ; Menuet sur le nom d’Haydn ; Valses nobles et sentimentales ; Prélude ; À la manière de… Borodine ; À la manière de… Chabrier ; Le Tombeau de Couperin. Walter Gieseking, piano. Sinfonie-Orchester des Hessischen Rundfunks, direction : Kurt Schröder. 1 coffret 6 CD NCA « AudioPhidelity » 600345. Code barre : 4053796003454. Enregistré de septembre 1951 à avril 1955 au Studio n°3, Abbey Road, Londres ; à l’Akademie der Musik, Francfort. ADD [mono]. Pas de notices. Durée : 69’00 ; 66’28 ; 64’09 ; 72’29 ; 51’26 ; 65’27.

 

nca_debussy_ravel_walter_giesekingLe label New Classical Adventure (NCA) édite en un beau petit coffret ce que Warner Classics tarde à nous restituer en un seul album : les intégrales Debussy et Ravel pour piano solo gravées dans les années 50 pour la Columbia anglaise par le pianiste et compositeur franco-allemand .

Il est édifiant que ce soit trois pianistes de culture germanique qui nous aient livré les premières intégrales de plus haut niveau des pages pour piano de Debussy et/ou Ravel : (1895-1956), et deux de ses disciples, le pianiste autrichien Jörg Demus (né en 1928) et le regretté pianiste allemand Werner Haas (1931-1976). Ce qui balaie définitivement ces stupides clichés affirmant que seuls les interprètes français peuvent jouer cette musique correctement… Mais ce qui par ailleurs ne diminue en rien les qualités incomparables de musiciens tels que Monique Haas (1909-1987), Marcelle Meyer (1897-1958), Robert Casadesus (1899-1972), Claude Helffer (1922-2004), Théodore Paraskivesco, Michel Béroff, et bien sûr Samson François (1924-1970) et autres…

Il est bon de revenir aux origines. Walter Gieseking grava son premier disque Debussy (La plus que lente) dès avril 1927 à Londres, et son premier Ravel (Jeux d’eau) vers 1925, mais ce n’est que dans les années 50 que lui furent confiées les intégrales Debussy – Ravel avec l’appui des producteurs et directeurs artistiques britanniques Geraint Jones et Walter Legge. Si les œuvres de Ravel furent gravées en un laps de temps relativement court (du 10 au 17 décembre 1954), Gieseking étala celles de Debussy sur une période de près de cinq ans, de septembre 1951 à avril 1955 au réputé Studio n°3 d’Abbey Road à Londres. Seule la belle Fantaisie pour piano et orchestre fut enregistrée le 30 octobre 1951 à l’Akademie der Musik par la Radio de Francfort, et c’est une superbe découverte, nettement meilleure au niveau sonore que la version Gieseking-Mengelberg du 6 octobre 1938 (Music & Arts).

Walter Gieseking était un lecteur à vue hors du commun et son répertoire était sans limites, notamment – on le sait peu – dans la musique de son temps. Mais c’est d’avoir passé son enfance dans le sud de la France et l’Italie que Gieseking a probablement acquis ce sens de la couleur et de la luminosité dont il irradie principalement ses interprétations de la musique française avec d’infinies nuances et subtilités. Chez Debussy comme chez Ravel, l’écriture est d’une remarquable précision, mais chez Gieseking, dont la technique pianistique et cette transparence du toucher sont sans reproche, c’est l’instinct qui prime, ce qui est essentiel pour conférer à l’œuvre son aura poétique et ses sortilèges sans lesquels on la trahit : c’est bien ici que sont exprimés finesse et fluidité du jeu, intelligence du style, prolongements poétiques, et non les effets spectaculaires qui dénatureraient ces pages de génie.

Les reports de ces précieuses gravures sont accomplis sous le procédé « AudioPhidelity » dont on ne nous dit évidemment rien, mais qui semble éradiquer entièrement les bruits de fond des bandes originales sans trop affecter le son du piano, bien qu’il subsiste parfois des sonorités métalliques que l’on aurait pu corriger. La séquence des œuvres est absolument à l’identique de celle des dernières éditions en CD de EMI qui étaient plus bruitées et qui de toute façon ne sont plus disponibles… Il semble donc que cette réalisation NCA se soit basée directement sur les CDs EMI pour accomplir ses transferts. À chacun de juger du procédé et du résultat !…

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