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Sonates en trio pour orgue de Bach : vision chambriste de Denis Bordage

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Six sonates en trio BWV 525-530. Denis Bordage, orgue. 2 CDs Ctésibios. Enregistré en mai 2016 sur l’orgue Desmottes (2013) de l’église de la Rédemption à Lyon. Livret bilingue (français-anglais). Durée : 81’45.

 

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Grâce à cette nouvelle approche des sonates en trio de Bach, une atmosphère chambriste se révèle à nous au travers de timbres instrumentaux bien marqués et d’une prise de son intimiste qui nous rapproche encore plus de ce trio virtuel où chacun occupe une place privilégiée.

Depuis sa construction en 2013, le nouvel orgue de l’église de la Rédemption de Lyon ne cesse de nous éblouir par ses capacités musicales au travers de répertoires diversifiés déjà proposés par le label Ctésibios. Ici, , titulaire de ce nouvel orgue ainsi que de l’ancien Merklin de tribune en attente de restauration, propose sa version des six sonates de Bach.

Composées pour l’éducation musicale de son fils ainé Wilhelm Friedemann et peut-être jouées à l’origine sur un clavecin-pédalier, ces œuvres sont traditionnellement interprétées à l’orgue, et la discographie nous en offre une multitude de versions souvent passionnantes. Sans se lancer dans une quelconque comparaison, cette nouvelle proposition prend le juste parti d’une écoute rapprochée, dictée par la place de l’orgue à même le sol à l’entrée du chœur, confirmée par une prise de son de proximité qui ne laisse aucun détail de côté. Le décor est alors dressé pour une écoute analytique ou chaque voix est en avant et à égalité avec ses voisines. Le discours est souple et fluide, vif quand le discours des allegros le demande et rêveur dans les mouvements centraux. Les registrations sont pensées « orchestre » et non « orgue » ce qui donne un relief exceptionnel à l’ensemble.

Deux exemples peuvent illustrer et résumer ces sensations : l’Adagio de la sonate n° 3, conçu comme un consort de flûtes et le final de la sonate n° 2 où les anches apportent une couleur inouïe y compris au pédalier avec le Posaune 16. Afin de donner une belle assise à l’ensemble de ces sonates, utilise systématiquement et judicieusement les seize pieds de pédale, toujours suffisamment discrets pour ne pas alourdir le discours. Le jeu est maîtrisé et respire autant que le discours baroque le réclame.

Pour autant, l’acoustique large de l’église se perçoit malgré tout fort bien et aère avec équilibre la polyphonie. On ne saura dire assez le génie de Bach une nouvelle fois éclatant dans ces œuvres, fourmillant d’idées, de rythmes et de thèmes entrelacés. Il s’agit là du modèle de la sonate italienne en trois mouvements le plus élaboré et le plus savant jamais réalisé. Denis Bordage nous en donne une vision solaire et poétique achevant un travail rêvé par tout organiste, à l’image des suites pour violon ou pour violoncelle du même auteur, magiques « cycles de six » en harmonie avec les lois du cosmos. Une nouveauté discographique à ne pas manquer pour son remarquable aboutissement.

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