Le piano espagnol du XXe siècle par Laurent Martin

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Exaltación. Isaac Albéniz (1860-1909) : Iberia, Livre I « El puerto », Livre III « El albaicin » ; Enrique Granados (1867-1916) : Seis peizas sobre cantos populares espanoles n°5 et n°6, Goyescas n° 4 ; Manuel de Falla (1876-1946) Fantasia bética ; Joaquín Turina (1882-1949) : Danzas Gitanas n°5, Danzas fantasticas n° 1 ; Federico Mompou (1893-1987) : Trois variations, Charmes ; Joaquín Rodrigo (1901-1999) : Tres evocationes n°2. Laurent Martin, piano. 1CD Ligia. Enregistré à l’Opéra de Vichy en octobre 2016. Durée : 66’51.

 

3487549903158_600Le pianiste propose, pour son 25e enregistrement chez Ligia et à l’occasion des 25 ans du label, un choix varié et original de pièces espagnoles du XXe siècle, entre tradition classique, folklore régional et inspirations contemporaines.

Nous retrouvons les représentants les plus célèbres du renouveau de la musique espagnole comme Granados, Turina, Albéniz et Falla mais aussi un répertoire plus rare, avec , surtout connu pour son tube, le Concerto d’Aranjuez, et surtout . Les premiers s’inspirent des danses andalouses et des chants populaires de leur pays et les réinventent. Mais au-delà de cette image de l’Espagne, évoquée par la danseuse illustrant la pochette du disque d’une façon un peu convenue, cette musique est également profondément poétique (belle version des Goyescas, dont nous regrettons de ne pas trouver ici le cycle complet) ou novatrice chez Mompou.

fait preuve d’une belle énergie dans les œuvres les plus hispanisantes, n’hésitant pas à emprunter des tempos rapides (Sacromonte de Turina) et des attaques percutantes, comme dans cette Fantasia bética de Falla, dont le thème principal illustre les élans et coups de talons du danseur de flamenco ou dans Iberia d’Albéniz. Pourtant, son jeu reste assez classique. Il est parfois un peu empesé par la pédale, là où l’on attend un son plus sec pour cette musique où l’influence de la guitare est prégnante. Il peut manquer de fantaisie, dans le tempo et les rubatos, les changements de couleurs au sein d’une œuvre : ainsi il faudra plutôt écouter la Fantasia Bética sous les doigts d’Alicia de Larrocha, évidemment, ou encore de Gonzalo Soriano ou d’artistes plus récents (Jean-François Heisser, Wilhem Latchoumia par exemple) pour être tenu en haleine.

C’est dans les Charmes et dans Trois variations de Mompou que le jeu de Laurent Martin est le plus touchant. Ces pièces contrastent avec le reste du disque : courtes, plus intimistes, mélancoliques voire mystiques, de forme plus libres, de style plus proche d’un Poulenc ou d’un Scriabine que de celui de ses compatriotes. Il nous transmet ainsi son affection ancienne et particulière pour l’œuvre du compositeur catalan, auquel il avait consacré un enregistrement et dont il évoque la rencontre dans le livret d’accompagnement.

 

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