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Coffret Igor Markevitch bienvenu chez DG

À emporter, CD, Musique symphonique

Igor Markevitch – Un véritable artiste. Œuvres de Ludwig van Beethoven (1770-1827) ; Georges Bizet (1838-1875) ; Johannes Brahms (1833-1897) ; Domenico Cimarosa (1749-1801) ; Claude Debussy (1862-1918) ; Christoph Willibald von Gluck (1714-1787) ; Charles Gounod (1818-1893) ; Joseph Haydn (1732-1809) ; Zoltán Kodály (1882-1967) ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) ; Franz Schubert (1797-1828) ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) ; Richard Wagner (1813-1883). Interview de Markevitch. Irina Arkhipova, contralto ; Róbert Ilosfalvy, ténor. Fritz Demmle, Aurèle Nicolet, flûte ; Émile Mayousse, hautbois ; Raymond Droulez, basson. Georges Alès, violon ; André Rémond, violoncelle. Suzanne Cotelle, harpe. Chœur de l’Académie d’État d’URSS. Symphony of the Air, Berliner Philharmoniker, Orchestre des Concerts Lamoureux, Orchestre Symphonique d’État d’URSS, direction : Igor Markevitch. 1 coffret 9 CD Deutsche Grammophon « Original Masters » 4744002. Enregistré entre février 1954 et décembre 1959 ; Manhattan Center, New York ; Jesus-Christus-Kirche, Berlin ; Polydor-Studio, Salle de la Mutualité, Salle Pleyel, Théâtre des Champs-Élysées, Paris ; Moscou. [mono/stéréo]. Durée : 10 h 29

 

dg_igor_markevitch_3dDeutsche Grammophon réédite cinq coffrets  « Original Masters » parus au début des années 2000 (Géza Anda, Stefan Ashkenaze, Wilhelm Furtwängler, le Quatuor Janáček) et celui sous rubrique consacré à «  : un véritable artiste »… comme si les quatre premiers ne l’étaient pas ! Une réédition méritée.

Le chef d’orchestre – et compositeur –  (1912-1983), né à Kiev, a souvent été qualifié de cérébral, ce qui est quelque peu réducteur : certes, ses exécutions sont le résultat d’une analyse extrêmement intelligente et fouillée des partitions, associée à une direction rigoureuse, impérieuse, précise, qui réfute tout effet massif, emphatique ou grandiloquent. Mais de leur éloquence, de leur lyrisme exalté naît leur puissance, au relief et aux couleurs intenses, soutenue par une étonnante lisibilité des textes et une évidente clarté de leur structure. Ce sont ces rares qualités qui, sans exception, font le prix de tous les enregistrements contenus dans ce beau petit coffret (malgré le dessin impossible d’Oskar Kokoschka !).

La remise en circulation de ces enregistrements nous permet d’apprécier à nouveau certaines gravures légendaires, dont celles des Symphonies n° 34 (avec le Menuet en ut K. 409) et n° 38 « Prague » de Mozart, vives, énergiques, pétillantes, par les Berliner Philharmoniker en février 1954, et celles, incandescentes, de la Symphonie n° 3 en mi bémol majeur « Eroica » op. 55 de Beethoven, et de la Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68 de Brahms en 1956-57, avec le  Orchestra issu de la dissolution du NBC Symphony Orchestra après l’arrêt des activités de Toscanini en 1954.

Tout aussi chauffée à blanc est l’interprétation de la Symphonie n°4 en mi mineur op. 98 de Brahms, avec l’ en novembre 1958, phalange avec laquelle Markevitch avait beaucoup d’affinités, et bien représentée dans cette édition. D’ailleurs, ceux qui auraient des doutes quant à l’interprétation d’œuvres germaniques par un orchestre français, qu’ils écoutent les pages orchestrales de Lohengrin et Tannhäuser pour être convaincus ! L’Ouverture de Tannhäuser est particulièrement remarquable par son énergie et sa transparence : Markevitch est le seul à mettre en évidence la rythmique très particulière des timbales avec une telle clarté, à la toute fin de l’ouverture. De même, les sonorités françaises typiques des vents de l’orchestre conviennent idéalement à Francesca da Rimini op. 32 de Tchaïkovski, dans laquelle Markevitch évite toute vulgarité : éloquence sans la moindre grandiloquence. Enfin, avec Markevitch le prospecteur, la musique française trouve son compte : toujours avec Lamoureux, aux côtés de versions de référence d’œuvres de Debussy et Bizet, il nous gratifie de la première au disque, éblouissante, de la Symphonie n° 2 en mi bémol majeur de  (1818-1893).

Tout cela pour dire que ce coffret méritait assurément une réédition, d’autant qu’il ne fait aucunement double emploi avec l’album Erato « Icon » chroniqué précédemment.

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