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Le Magnificat nord-allemand par Manuel Tomadin à l’orgue

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Heinrich Scheidemann (1595-1663) : Magnificat VI toni ; Dixit Maria ad Angelum ; Canzon in F ; Dic nobis Maria. Melchior Schildt (1592-1667) : Magnificat primi modi. Matthias Weckmann (1616-1674) : Toccata IV in A minor ; Magnificat II toni. Delphin Strungk (1601-1694) : Magnificat noni toni « Meine Seele erhebet den Herren ». Giuseppe Maletto, ténor ; Manuel Tomadin à l’orgue Dell’Orto e Lanzini (2011) de l’église Madonna di Fatima, Pinerolo (Turin Italie). 1 CD Brilliant Classics. Enregistré les 29 et 30 novembre 2016 et le 4 janvier 2017. Livret bilingue (anglais-italien). Durée totale : 77:19

 

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Le Magnificat, cantique chanté par la Vierge Marie dans l’évangile de saint Luc, a été repris au moment de la réforme par les luthériens, sous le titre de « Mon âme exalte le Seigneur ». De nombreux compositeurs organistes de la Renaissance au baroque ont largement disserté sur ce thème, que propose ici sur une splendide copie italienne d’un orgue nord-allemand du XVIIe siècle.

Le répertoire de l’orgue baroque nord-allemand dispose, pour être interprété, d’instruments originaux souvent édifiés dans la région de la Hanse par Arp Schnitger au XVIIe siècle. Par chance, bon nombre d’entre eux existent toujours et furent magnifiquement restaurés au XXe siècle, en particulier par Jürgen Ahrend. Une imposante discographie en témoigne, et nos oreilles se sont depuis habituées à ces sonorités bien précises, très équilibrées et typiquement timbrées, bien différentes de l’orgue classique français. Toute incursion vers d’autres styles d’orgues parait alors décalée, voire anachronique. Ce disque offre une belle découverte grâce à un instrument sorti d’un atelier italien : Dell’Orto y Lanzini d’Arona. Il s’agit d’une copie de l’un de ces modèles originaux, dans toutes ses parties, buffet, mécanique, tuyauterie et harmonie. Le résultat sonore est très séduisant et trouve immédiatement ses ressources, ainsi que l’ambiance requise, pour ces œuvres très originales.

Le programme tourne autour des Magnificat que plusieurs générations de musiciens organistes composèrent abondamment pour les nécessités des offices religieux. La musique suit le texte du Magnificat en proposant une alternance des versets entre l’orgue et le chœur ou une voix soliste. On retrouve ces pratiques en France à la même époque. Ici chaque verset d’orgue offre une registration caractéristique qui permet d’apprécier des mélanges sonores, fournis ou au contraire plus intimes, où un jeu soliste peut bavarder pendant de longues minutes. fut le grand maître en matière de discours et de déclamation. a largement étudié ce répertoire auprès de grands spécialistes jusqu’à remporter, en 2011, le grand prix Schnitger à Alkmaar. Il possède l’art de la rhétorique, indispensable à la compréhension de ces textes musicaux, sortes de sermon en musique comme l’avait voulu Martin Luther. L’art de la registration est pleinement maîtrisé, ce qui révèle une savante polyphonie clairement énoncée.

Le disque permet aussi de découvrir des auteurs moins connus, Strungk ou Schildt, pourtant eux aussi très inspirés dans ce cheminement spirituel. La belle voix de alterne agréablement, en toute sobriété et justesse de style. Quelques interludes apportent de la diversité, dont une solide Toccata de Weckman et des Hymnes de Scheidemann. Les Magnificat peuvent être écrits dans les huit tons usuels de l’église, ce que montre bien le programme. L’orgue est imposant avec ses 34 jeux sur trois claviers et pédalier. Rien n’est laissé au hasard, y compris le tempérament mésotonique qui s’inspire de l’orgue de Norden, l’un des plus beaux construits par Schnitger.

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Heinrich Scheidemann (1595-1663) : Magnificat VI toni ; Dixit Maria ad Angelum ; Canzon in F ; Dic nobis Maria. Melchior Schildt (1592-1667) : Magnificat primi modi. Matthias Weckmann (1616-1674) : Toccata IV in A minor ; Magnificat II toni. Delphin Strungk (1601-1694) : Magnificat noni toni « Meine Seele erhebet den Herren ». Giuseppe Maletto, ténor ; Manuel Tomadin à l’orgue Dell’Orto e Lanzini (2011) de l’église Madonna di Fatima, Pinerolo (Turin Italie). 1 CD Brilliant Classics. Enregistré les 29 et 30 novembre 2016 et le 4 janvier 2017. Livret bilingue (anglais-italien). Durée totale : 77:19

 
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