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Le Scriabine équilibré non dénué d’élan de Vadym Kholodenko

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Alexandre Scriabine (1872-1915) : Préludes, études et autre pièces pour piano. Vadym Kholodenko, piano. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré au Fazioli Concert Hall, Sacile, Italie, en septembre 2017. Livret français et anglais. Durée : 72:01

 

71wzEWjoljL__SL1200_Pour son album Scriabine, Vadym Kholodenkoun adopte un programme chronologique ce qui est pertinent pour ce compositeur dont l’évolution de la pensée musicale demeure une des plus originales.

Prendre ses racines dans un héritage romantique est le lot de beaucoup, mais a la particularité de laisser des portes ouvertes sur les modernités formelles et harmoniques du XXe siècle dans un esprit symbolico-mystique.

Le pianiste se trouve devant un choix difficile dépassant la pure technique : interpréter Scriabine dans un esprit serein cherchant une maîtrise anti-débordement alliant la clarté des voix et des structures ; ou aller au-delà du texte et se laisser emporter par un élan et une excitation, ceci s’appliquant davantage aux dernières œuvres.

, médaille d’or du Concours international van Cliburn, arrive dans cet enregistrement à satisfaire tant au niveau de la première possibilité que de la seconde. Cette performance peut paraître consensuelle, mais l’impression globale génère un respect du texte bien en rapport avec l’intention même du compositeur. Ainsi, pas de hors sujet dans l’hommage évident à Chopin dans les Préludes de l’opus 13 et de l’opus 16. Mais dès la Sonate n°4, cette continuité passe en douceur à un autre monde et au captivant cycle des 8 études op.42. L’extraordinaire Vers la flamme devient un aboutissement esthétique.

Les qualités intrinsèque de la prise de son et du piano – splendide Fazioli, si rare et si précieux à écouter, sans doute le meilleur piano du monde – vont dans le sens de cette approche artistique. Et l’on comparera sans prendre parti avec les autres immenses pianistes qui ont porté aux sommets Scriabine, les Horowitz, Szidon et surtout Sofronitsky qui reste le seul à aller aussi loin dans l’interprétation au sens plein du terme de la musique de son beau-père, mais dans des conditions techniques hélas difficiles.

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