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Un portrait du très académique Charles Lefebvre

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Charles Lefebvre (1843-1917) : Mélodies, Trio avec piano en ré mineur op. 110. Jacqueline Laurin, soprano. Vincent Brunel, violon. Aude Pivôt, violoncelle. Laurent Martin, piano. 1 CD Ligia. Durée : 60:17

 

Charles Lefebvre, avec ses mélodies et sa musique de chambre, nous plonge dans l’atmosphère des salons bourgeois de la fin du XIXe siècle. et nous font redécouvrir cette musique dite « romantique », mais composée au moins deux générations plus tard, dont l’académisme recèle quelques beautés.

Fils d’un peintre ayant épousé la fille d’un baron, grandit dans un milieu parisien, artistique et bourgeois. Après son Prix de Rome en 1870 (deuxième Premier Grand Prix), l’esthétique de ses compositions écrites 20 ans plus tard est pourtant marquée par la période romantique pré-wagnérienne. Les poésies de Théophile Gauthier, Sully-Prudhomme ou d’autres, sur lesquelles il compose nombre de ses mélodies, sonnent de façon trop académique dans le traitement musical qu’il leur donne. L’interprétation proposée par la soprano , avec au piano, est fidèle à ce style. Sensibles à ce répertoire, ils lui apportent tension dramatique et effets appropriés, mais cela suffira-t-il pour convaincre ceux qui trouvent que cet univers manque de profondeur musicale, au-delà de son côté « daté », auquel il ne faut bien sûr pas s’arrêter ?

Trois mélodies, Villanelle, Lamento et Absence, que l’on retrouve dans les très célèbres Nuits d’été de Berlioz, ne manquent pas de beauté, mais souffrent de l’inévitable comparaison avec le sens artistique du grand compositeur romantique. Viviane évoque les peintures de l’époque victorienne sur le monde des fées. La charmeuse de serpent ou Dans la steppe, sur des poèmes de Jean Lahor, renvoient à la mode orientaliste inspirée par les beaux jours de l’époque coloniale et donnent l’occasion de quelques prouesses vocales. Détour aussi par le bel canto italien avec Il ritorno, écho de ses séjours à la Villa Médicis.

Le Trio pour violon, violoncelle et piano a été écrit vers 1900. Il reste lui aussi inspiré par les grandes œuvres de Schumann et des compositeurs de son époque. Thèmes chantants et romantiques, Larghetto avec une belle cantilène au piano au milieu du premier mouvement, Allegro final forcément brillant… Ce n’est pas une musique d’une grande originalité, mais ses interprètes lui donnent vie avec énergie.

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Charles Lefebvre (1843-1917) : Mélodies, Trio avec piano en ré mineur op. 110. Jacqueline Laurin, soprano. Vincent Brunel, violon. Aude Pivôt, violoncelle. Laurent Martin, piano. 1 CD Ligia. Durée : 60:17

 
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