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How to proceed, Thomas Hauert aux Subs de Lyon

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Lyon. Les Subsistances. MOI de la danse. 31-I-2019. Thomas Hauert : How to proceed. Pièce pour 8 interprètes. Chorégraphie : Créée et interprétée par : Fabian Narbe, Thomas Hauert, Liz Kinoshita, sarah Ludi, Albert Quesada, Gabriel Schenker, Samantha Van Wissen, Mart Voorter. Musique : Mauro Lanza (Commande Ircam-Centre Pompidou). Mina/The Beatles. J.S. Bach. Son : Bart Celis. Lumière : Bert Van Dijck

how-to-proceed-bart-grietens-70-1-1250x833 fête les vingt ans de sa compagnie ZOO, en présentant, dans le cadre du « MOI de la danse » aux Subsistances, How to proceed, une réflexion au bord du gouffre, tout en tissus-lianes de couleur, sillonnant la scène et recouvrant les danseurs, à la mesure du désordre qui s’installe, selon le mode de fonctionnement habituel du chorégraphe suisse établi en Belgique.

Des pluches et des hommes, c’est un peu le thème de cette fête (trop) privée, à laquelle nous convie Thomas Hauert, bientôt quinquagénaire, qui s’interroge aussi sur le fait de vieillir, de danser encore et d’être au cœur de la révolution même qu’est la danse. Avec la particularité ici de donner à penser, renaissance et crise tout à la fois, clarté et ténèbres, lumière des couleurs et torpeur de cette matière plucheuse des étoffes. Des pluches qui deviennent plumes, mais aussi costumes de sans-domicile qui se terrerait, ou encore épouvantail au bord d’un rond-point. Parler (anglais ici en l’occurrence), c’est aussi s’interroger sur le sens du comment. Comment cela fonctionne-t-il ici ? Comment procède-t-on pour sortir d’un passage à vide ? En remettant, comme Thomas Hauert l’a fait, le collectif au cœur du jeu dansé et parlé, joué et vécu.

Cependant, ce dernier opus pour huit de ses fidèles interprètes, dont il fait partie, est une fête triste qui s’auto-congratule d’un humour acerbe et dont on pourrait, nous public, se sentir un peu exclus. Oui, nous n’avons pas traversé les joies et déboires de ZOO, mais cela n’aurait pas dû empêcher l’artiste de concevoir un spectacle un peu plus généreux et plus inclusif, qui aurait permis d’apprécier ces défis que se lancent les danseurs par pluches interposés. Ce sont toujours les mêmes mouvements, les mêmes gestes, aux mêmes endroits, mais teintés d’une mélancolie, dont on eut pu se passer en ces sombres temps.

La danse, ici, loin d’être épurée et épouse de la musique – comme chez Anne Teresa De Keersmaeker, pour laquelle le chorégraphe a un temps assez conséquent dansé –  se fond au décor et aux délires permis, de « Michelle, ma belle » à des accords plus classiques, il en va plutôt d’un malmenage de la musique que s’approprient les danseurs.

Nous ressortons un peu amère de ce défilé grotesque qui exclut plus qu’il n’inclut : le public, la danse, la musique, ça pense, certes, ça dérange un peu, mais ça peine surtout à donner à comprendre comment ça marche. C’est cela qui est dommage : tant d’espace pour si peu de partage, tant d’énergie pour une si terne empathie, tant de grâce pour si peu d’espoir !

Crédit photographique : © Bart Grietens

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Lyon. Les Subsistances. MOI de la danse. 31-I-2019. Thomas Hauert : How to proceed. Pièce pour 8 interprètes. Chorégraphie : Créée et interprétée par : Fabian Narbe, Thomas Hauert, Liz Kinoshita, sarah Ludi, Albert Quesada, Gabriel Schenker, Samantha Van Wissen, Mart Voorter. Musique : Mauro Lanza (Commande Ircam-Centre Pompidou). Mina/The Beatles. J.S. Bach. Son : Bart Celis. Lumière : Bert Van Dijck

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