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Cyprien Katsaris en hommage à Stanisław Moniuszko

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Varsovie. Studio de concert Witold Lutosławski de la Radio polonaise. 5-V-2019. Stanisław Moniuszko (1819-1872) : Bagatelle en la majeur ; Bagatelle en si bémol majeur ; Polonaise n° 23 en mi bémol majeur ; Nocturne en la bémol majeur ; Villanelle en ré bémol majeur ; Polka « Daniel » en la majeur ; Mazur en la mineur de l’opéra « Le Manoir hanté » (transcription de Moniuszko) ; Mazur en mi bémol majeur de l’opéra « Halka » (transcription de Moniuszko). Stanisław Moniuszko / Władysław Krogulski (1843-1934) : Doumka de l’opéra « Le Batelier ». Stanisław Moniuszko / Maurycy Dietrich (1816-1887) : Chant du soir op. 64. Stanisław Moniuszko / Wilhelm Krüger (1820-1883) : Transcription-Fantaisie « Le Cosaque » op. 123. Stanisław Moniuszko / Bernhard Wolff (1835-1906) : Une fleur. Stanisław Moniuszko / Henryk Melcer-Szczawiński (1869-1928) : « Connais-tu le pays ? » ; Doumka, paraphrase. Józef Nowakowski (1800-1865) : Fantaisie sur des thèmes de l’opéra « Halka » op. 51. Cyprien Katsaris, piano C. Bechstein D 282

20190505_koncert_S1_katsarsis_11 (2)Pour commémorer le bicentenaire de la naissance de à Varsovie, propose, le jour qui est également celui de son propre anniversaire, un récital dont le programme est constitué soit de partitions du Polonais, soit de transcriptions et de paraphrases de celles-ci dues à d’autres compositeurs.

L’œuvre de , encore méconnue en France, n’est pas une nouveauté pour qui l’a découverte pour la première fois il y a environ un demi-siècle avec un microsillon signé par Michael Ponti interprétant la Fantaisie sur des motifs de « Halka » de Carl Tausig. Avant d’aborder le répertoire présenté à Varsovie, il a gravé lui-même deux mélodies de Moniuszko transcrites au piano, absentes de ce concert, qu’il a incluses dans les premier et troisième volumes de la série Piano Rarities (éd. Piano 21). Pourtant, la vraie fascination pour l’auteur du Manoir hanté n’a eu lieu que très récemment : lorsque la direction du Festival Chopin et l’Europe lui propose de jouer un choix d’œuvres de Moniuszko, suite à quoi il se rend compte qu’ils sont tous les deux nés le même jour. En mars dernier, Katsaris a enregistré un disque tout à fait recommandable pour l’Institut Chopin qui vient de sortir, dont le contenu est presque identique à celui de ce récital.

Et bien que le piano ne fût pas au cœur de l’activité artistique de Moniuszko qui est réputé principalement pour avoir élaboré des opéras, des opérettes et des mélodies, quelques-unes de ses pages pour cet instrument sont également dignes d’attention. Il s’agit de morceaux de musique combinant simplicité et palette d’émotions large, noblesse de la ligne mélodique et raffinement harmonique, mais aussi une forme de légèreté de salon. En les écoutant, on ne pense pas tellement à Frédéric Chopin (bien que certaines inspirations soient inévitables) ni à Franz Liszt, qui, d’ailleurs, était un grand admirateur de Moniuszko, mais à Franz Schubert ou Felix Mendelssohn.

Les exécutions données par Cyprien Katsaris, se distinguant par la maturité et la musicalité, mettent en valeur la beauté et la modestie inhérentes à ces partitions. On est fasciné aussi bien par la délicatesse et l’élégance du toucher, surtout pour ce qui est des aigus, que par la capacité du pianiste à contrôler le mouvement et le rythme (de temps à autre légèrement déformé par des imprécisions) et de rendre possible, à plusieurs niveaux, le dialogue entre les différentes parties de la main gauche et de la main droite. Ses sonorités sont peaufinées, et envoûtent par la profondeur et la richesse du timbre. Si les aigus, d’une poésie rare, se parent de reflets perlés et scintillants, les graves nous paraissent par moments ternes, particulièrement dans les fortissimi, desquels on aurait aimé percevoir plus de force et, parfois d’élan.

Le récital terminé, Cyprien Katsaris s’adresse au public en lui disant, d’une voix énigmatique, que la veille, le jour de son arrivée à Varsovie, il a vu trois esprits qui lui ont demandé de dire « joyeux anniversaire » à Moniuszko de leur part. Ces fantômes auraient été ceux de Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven et Frédéric Chopin. Par la suite, il offre, en guise de surprise hors programme, et en passant habilement et avec bravoure par plusieurs tonalités majeures et mineures, sa propre fantaisie sur les motifs de la chanson Happy Birthday to You. Un gracieux mélange de ce thème populaire et d’éléments extraits de pages des trois compositeurs évoqués, parmi lesquels nous avons reconnu les thèmes principaux de la Symphonie n° 5, de la Bagatelle en la mineur « La Lettre à Élise » de Beethoven, ainsi que de la Valse en ut dièse mineur op. 64 n° 2 de Chopin. Tout à la fin, Katsaris joue la Valse en mi bémol mineur de Moniuszko. Curieusement, et à notre déception, la fameuse mélodie La Fileuse n’a pas été interprétée, bien qu’elle figure à l’affiche.

Crédit photographique : © Darek Golik / NIFC

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