Le piano de Ramon Lazkano par Alfonso Gómez

À emporter, CD, Musique symphonique

Ramon Lazkano (né en 1968) : Hiztaurre Bi ; Petrikhor ; Zintzilik ; Laugarren Bakarrizketa ; Bras dessus bras dessous ; Ilargi Uneak ; Presencia ; Zortziko ; Gentle Sway ; Suziri. Alfonso Gómez, piano. Bilbao Symphony Orchestra, direction : Ernest Martínez Izquierdo. Marta Zabaleta, piano. Ramon Lazkano, piano. 1 CD Kairos. Enregistré les 28-30 septembre 2018 dans la salle de concert d’Euskalduna (Bilbao) et au Centre supérieur de musique du Pays basque « Musikene » (Donostia/Saint-Sebastien). Notice bilingue (anglais-allemand). Durée : 68:50

 

Ramon LazkanoInterprète privilégié de depuis dix ans, livre avec Piano Works un bilan de leur collaboration, dans lequel le piano solo prend la part belle. Les œuvres présentées dans ce disque soigné et raffiné couvrent une période de près de vingt-cinq ans.

C’est par la pièce la plus ancienne que le programme commence, l’une des premières du compositeur, le concerto Hiztaurre Bi (1993). L’Orchestre symphonique de Bilbao, dirigé par Ernest Martínez Izquierdo, se fond avec le piano pour des effets de timbre saisissants. Plus qu’en dialogue avec le soliste, c’est comme une excroissance sonore du piano que l’orchestre se présente au fil des deux mouvements. Petrikhor, composition la plus récente (2017), dont le titre est un mot scientifique pour désigner l’odeur de la pluie, explore tous les registres du piano, depuis les scintillements cristallins qui ouvrent et clôturent l’œuvre jusqu’à la pâte sonore chaleureuse des graves. Lazkano y développe un jeu subtil sur la répétition, le silence et la résonance.

Deux pièces brèves écrites initialement à l’intention de pianistes débutants, Zintzilik à quatre mains, avec Marta Zabaleta, et Bras dessus bras dessous à six mains, avec le compositeur, encadrent Laugarren Bakarrizketa. Cet autre monument de la production pianistique de Lazkano rappelle certaines des extended techniques développées au cours du XXᵉ siècle par des défricheurs comme Cowell, Cage ou Lachenmann (choc sur le piano, jeu de trilles, silences résonnants, etc.). Le compositeur explore les textures et les contrastes dans une partition parfaitement servie par . Le programme finit par Ilargi Uneak, composé de trois morceaux virtuoses, dont un pour la main gauche (1989-1996) et par une série de pièces courtes datées de la fin des années quatre-vingt-dix et du début des années deux mille, Presencia, Zortziko et Gentle Sway, deux œuvres à caractère pédagogique, et Suziri.

Alfonso Gómez fait preuve d’une belle maîtrise sonore et d’une grande expressivité pour servir ce répertoire qui, à l’évidence, le touche profondément. Son amour et son engagement dans l’écriture pianistique de sont palpables dans un disque qui en reflète les multiples couleurs avec la juste mesure.

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