Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Au 17e rendez-vous des Musicales de Blanchardeau

Plus de détails

Pleguien. Eglise Notre-Dame de la Soumission. 3-VIII-2019. Franz Schubert (1797-1828) : Adagio de la Sonate D 958 . Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour violon et piano K 379 ; Sonate pour piano K 576. Franz Lizst (1811-1886) : Deuxième Ballade. Darius Milhaud (1892-1974) : Trio opus 157B. Avec : Adam Laloum, Arzhel Rouxel, Pierre Gasnier, piano ; Hugo Meder, violon ; Alexandre Morard, clarinette

Plouha. Chapelle de Ker-Maria-an-Isquit. 6-VIII-2019. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Trio n°4 opus 11 ; Trio WoO 38. Avec : Eric Lesage, piano ; Paul Meyer, clarinette ; Claudio Bohórquez, violoncelle

Pleguien. Eglise Notre-Dame de la Soumission. 9-VIII-2019. Leoš Janáček (1854-1928) : Sonate pour violon et piano. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sonate opus 12 n°3. Maurice Ravel (1975-1937) : Sonate pour violon et piano. Johannes Brahms (1833-1897) : Trio opus 108. avec : Pierre Fouchenneret, violon ; Romain Descharmes, piano

Lanvollon. Eglise Saint-Samson. 13-VIII-2019. Igor Stravinsky (1882-1971): Trois pièces pour quatuor à cordes. Fanny Mendelssohn (1805-1847): Quatuor en mi bémol majeur. Franz Schubert (1797-1828) : Quatuor « La jeune fille et la mort » D 810. Avec : Quatuor Zaïde (Amanda Favier, violon ; Leslie Boulin Raulet, violon : Sarah Chenaf, alto ; Juliette Salmona, violoncelle)

Photo prise par Philippe Le GouxAux Musicales de Blanchardeau, focus sur le programme de musique de chambre pour une édition baptisée « De Vienne à Saint-Pétersbourg ».

Pour la seconde édition conçue par Cornelia Lindenbaum-Desdoigts, succède à Jean-Marc Luisada comme parrain de la soirée  de mise en valeur des jeunes talents. Il ouvre la séance avec une interprétation sombre et quasi-schumannienne de l’adagio de la Sonate D 958 de Schubert. Il laisse très vite la place au piano très sûr de , accompagnateur du violon très affirmé d’ dans la Sonate de Mozart KV 379 ciselée, puis de la clarinette ductile et chaleureuse d’ dans les caressantes Fantasiestücke de Schumann. exécute la Ballade n° 2 de Lizst  avec calme et une science des grommellements et des silences. On retrouvera ces même qualités d’un jeu extrêmement fin, profond, au service des élans de la Sonate de Mozart KV 576. Le volatile Trio opus 157 B de , réunissant clarinette, violon et piano, referme la soirée.

Trois jours après, en la Chapelle de Ker-Maria-an-Isquit, les aguerris , et interprétent, lové entre les Trios n° 4 op. 11 « Gassenhauer » et WoO 38 (la réduction du Septuor op. 20) de Beethoven, le Trio op. 114 de Brahms. Un programme très classique, qui permet de goûter l’élégance d’une musique, le jeu goûteux de trois grands artistes : la clarinette de , une des plus belles du monde, le piano ample et rond et bienveillant d’, le violoncelle rugueux et puissant de .

Retour à l’église Notre-Dame de la Soumission pour ce qui restera probablement comme le sommet du festival : le violon de , veillé par le piano de . Fouchenneret n’est pas le plus médiatisé de nos violonistes mais c’est assurément un des meilleurs. Après la séduisante Sonate de Janáček (le piano cristallin de Descharmes dans la Ballada),  Fouchenneret, les yeux noyés d’émotion, l’âme comme plongée dans la beauté du son, s’impose en maître dès l’adagio molto de la Sonate op. 12 n° 3 de Beethoven, noté con molto espressionne. Aussi à l’aise dans Beethoven (dont ils ont gravé une intégrale pour le label Aparté), dans la brève Sonate posthume de Ravel, que dans l’opus 108 de Brahms, le jeu entre l’intime et le symphonique des deux artistes jouant avec brio sur la dynamique, donne le sentiment pénétrant d’avoir fait exploser le cadre de la pure musique de chambre.

MB 2013 3

La veille de leur prise de fonction à la tête du Festival de quatuor à cordes du Lubéron, les Zaïde (avec un nouveau premier violon Amanda Favier) sont de retour aux Musicales. Les miniatures des Trois pièces de Stravinsky permettent aux quatre musiciennes d’affirmer leur style : une transparence des lignes telle que l’on peut décider de suivre sans accroc celle de l’une ou de l’autre. La pureté sonore ainsi obtenue fait merveille dans le Quatuor de , sœur du compositeur reléguée dans l’ombre d’une époque où les femmes n’étaient pas censées composer. Quel plaisir de découvrir enfin la montée en puissance de l’œuvre, d’abord délicate, jusqu’à la force de conviction d’un allegro molto vivace final à la polyphonie complexe. La jeune fille et la mort, très attendue sous les doigts des Zaïde, ensemble de 10 ans d’âge qui décide en 2019 d’affronter cet Everest du genre. Les tumultueux mouvements extrêmes nous ont semblé encore perfectibles, les interprètes gérant en revanche admirablement la dynamique et les nuances du bouleversant Andante con moto autour de la merveilleuse colonne vertébrale du violoncelle de .

Crédits photographiques : photo 1 ©  Philippe Le Goux ; photo 2 ©  Odile Delaune

Plus de détails

Pleguien. Eglise Notre-Dame de la Soumission. 3-VIII-2019. Franz Schubert (1797-1828) : Adagio de la Sonate D 958 . Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour violon et piano K 379 ; Sonate pour piano K 576. Franz Lizst (1811-1886) : Deuxième Ballade. Darius Milhaud (1892-1974) : Trio opus 157B. Avec : Adam Laloum, Arzhel Rouxel, Pierre Gasnier, piano ; Hugo Meder, violon ; Alexandre Morard, clarinette

Plouha. Chapelle de Ker-Maria-an-Isquit. 6-VIII-2019. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Trio n°4 opus 11 ; Trio WoO 38. Avec : Eric Lesage, piano ; Paul Meyer, clarinette ; Claudio Bohórquez, violoncelle

Pleguien. Eglise Notre-Dame de la Soumission. 9-VIII-2019. Leoš Janáček (1854-1928) : Sonate pour violon et piano. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sonate opus 12 n°3. Maurice Ravel (1975-1937) : Sonate pour violon et piano. Johannes Brahms (1833-1897) : Trio opus 108. avec : Pierre Fouchenneret, violon ; Romain Descharmes, piano

Lanvollon. Eglise Saint-Samson. 13-VIII-2019. Igor Stravinsky (1882-1971): Trois pièces pour quatuor à cordes. Fanny Mendelssohn (1805-1847): Quatuor en mi bémol majeur. Franz Schubert (1797-1828) : Quatuor « La jeune fille et la mort » D 810. Avec : Quatuor Zaïde (Amanda Favier, violon ; Leslie Boulin Raulet, violon : Sarah Chenaf, alto ; Juliette Salmona, violoncelle)

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

  • Martin Antoine

    Excellent festival et on partage l’impression de JLC quant au concert Fouchenneret/Descharmes qui nous montre un violoniste étincelant, tout à fait épanoui et on attend que les « grandes » phalanges parisiennes lui donnent sa chance dans le répertoire concertant : on rève d’un Sibelius avec M Franck !
    Il s’agissait curieusement du concert le moins rempli mais il faut avouer que l’église de Pléguien n’a pas le charme de la chapelle de Kermaria avec sa célèbre danse macabre .

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.