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Markus Eichenlaub joue l’œuvre d’orgue inédite de F.W. Holloway

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Frederick William Holloway (1873-1954) : Œuvres symphoniques pour orgue. Markus Eichenlaub à l’orgue Henry John Nelson & Co., Durham (1904) Orgelbau Krawinkel (2009) de l’église Saint Bartholomée de Gackenbach (Allemagne). 1 SACD Aeolus AE-11181. Enregistré à Gackenbach en septembre 2019. Livret bilingue anglais allemand. Durée totale : 79:11

 

Le label Aeolus poursuit ses découvertes avec le compositeur organiste anglais , judicieusement révélé par sur un orgue britannique installé en Allemagne.

Cover AE-11181 est un compositeur anglais pratiquement oublié de nos jours. Né en 1873, il est l’exact contemporain de Max Reger. A vingt ans, il devient l’organiste du Sydenham Crystal Palace à Londres. Ce palais de verre fut édifié pour accueillir la première exposition universelle de 1852, ensuite déplacé en 1893 et détruit par un incendie en 1936. Cet édifice gigantesque avait vu la construction d’un orgue important en 1920, réalisé par le facteur anglais J. W. Walker. A partir de 1932, Holloway occupa également la charge de chef de chœur et d’orchestre en ce lieu où se déroulaient de grands concerts comme le montrent quelques photos anciennes.

L’organiste allemand consacre un album entier à celui qui est l’un des témoins du style anglais du début du XXᵉ siècle, également influencé par la France. Pour l’occasion il a logiquement choisi un orgue anglais construit en 1904 par Henry Nelson & Co de Durham. Cet instrument offre toutes les caractéristiques communes de l’époque avec de nombreux jeux de fonds et une batterie de tubas qui en font un orgue très orchestral de presque 50 jeux. Cet orgue fut installé à la fin des années 60 en Allemagne à Gaskenbach, agrandi et restauré par Krawinsky Orgelbau en 2009. Posé à même le sol dans un buffet massif, il rappelle exactement ce que sont les instruments anglicans dans leurs églises feutrées.

Le programme propose des pièces que l’on présente comme symphoniques. En effet les formes musicales et surtout leurs inspirations nous rapprochent du style que connut Holloway alors qu’il recevait dans son temple musical londonien les plus grands artistes, en grand nombre français. On ne s’étonnera pas de reconnaître quelques influences liées à Widor et surtout à Alexandre Guilmant pour qui il devait avoir une grande admiration. Les formes musicales comme Allegro concertant, Toccata ou Symphonie, épousent directement ces inspirations venues d’outre-Manche. Pour autant l’auteur reste fidèle à d’autres influences plus ancrées dans l’époque victorienne, notamment grâce aux fameux tubas, jeux à forte pression, qui génèrent quelques effets orchestraux du plus bel effet. Markus Eichenlaub traduit avec intelligence l’esprit de ces œuvres, par une solide technique et une belle poésie.

Par ce nouvel enregistrement, F. W. Holloway apparait comme l’un de ceux qui occupent une place de premier plan dans l’orgue anglais du début du XXᵉ siècle. Sa découverte reste passionnante, et la conjonction de la musique, de l’interprète, de l’orgue et de la prise de son est exemplaire.

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Frederick William Holloway (1873-1954) : Œuvres symphoniques pour orgue. Markus Eichenlaub à l’orgue Henry John Nelson & Co., Durham (1904) Orgelbau Krawinkel (2009) de l’église Saint Bartholomée de Gackenbach (Allemagne). 1 SACD Aeolus AE-11181. Enregistré à Gackenbach en septembre 2019. Livret bilingue anglais allemand. Durée totale : 79:11

 
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