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Le splendide violon de Josef Špaček retrouve le Rudolfinum

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Prague. Rudolfinum, Dvořákova síň. 10-VII-2020. Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate pour violon et piano n°2 M. 77. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour violon et piano n°9 ‘’Kreutzer’’ en la majeur op. 47. Josef Špaček, violon. Miroslav Sekera, piano

Comme partout, les concerts reprennent à Prague en respect des mesures sanitaires, et plutôt qu’un programme du Philharmonique Tchèque, on entend au Rudolfinum celui qui fut le plus jeune premier violon de l’histoire de cette formation, , accompagné du pianiste pour deux sonates de Ravel et Beethoven.

Josef Spacek cc petrahajska 2
Seul le parterre est ouvert, on reste masqué tout le long du concert et chaque groupe de spectateurs est séparé par un siège vide, mais dans la grande salle Dvořák du Rudolfinum de Prague, la vie reprend ici comme ailleurs. C’est donc devant une assemblée espacée mais fournie qu’entre le souriant . Récent premier violon du Philharmonique Tchèque déjà souligné à plusieurs reprises pour ses soli si remarquables, il est à présent « Artiste associé » de la formation, étant surtout devenu concertiste international.

Le programme prévu pour une heure de musique débute par la Sonate pour violon et piano n° 2 de . Il s’agit de l’une des œuvres que le compositeur français mit le plus de temps à écrire. Cinq ans pour lui « ôter les notes inutiles », avant de la créer en 1927, accompagné du piano par le violon d’un autre compositeur, celui de Georges Enesco. L’Europe centrale n’est donc jamais loin de cette partition, également très influencée par le jazz de Gershwin, à l’image du Blues central. Le piano de ouvre avec couleur l’Allegretto, laissant ensuite s’exprimer le si beau Jean-Baptiste Villaume de 1855 joué par Špaček, survalorisé par la clarté de l’exceptionnelle acoustique de la salle de concert pragoise. À la langueur des amples phrases du premier mouvement viennent s’interposer les pizzicati puis les accords cadencés du second, Blues, traité ici avec plaisir par un violon plus joueur que le piano. Puis le Perpetuum mobile met en avant la formidable dextérité de Špaček, vif sans aucune nervosité incontrôlée.

Après un long et radieux discours du violoniste tchèque, visiblement très heureux de pouvoir se produire à nouveau après quatre longs mois d’interruption, les deux musiciens s’attèlent à un chef-d’œuvre de Beethoven, la Sonate n° 9 en la majeur dédicacée au Français Rodolphe Kreutzer. Dans cette partition si célèbre, le jeune violoniste démontre déjà une belle maturité, bien qu’il touche encore parfois certaines parties sans tout à fait réussir à les fondre dans une lecture globale. Commencé en majeur par la tonalité principale de l’œuvre, l’Adagio sostenuto présente d’abord un violon éploré, comme s’il jouait une pièce de Bach. La même impression ressort à la fin du second mouvement, Andante con variazioni, tandis que majoritairement, Špaček nous rappelle aux coloris et à l’agilité de son superbe jeu, indubitablement d’origine tchèque. Il semble aussi parfois vouloir prendre le large sur le piano plus mesuré bien que toujours associé de Sekera, surtout lors des deux Presto, tout particulièrement dans la coda du finale.

Devant des applaudissements nourris, Josef Špaček reprend le micro pour redire son plaisir de jouer face au public, avant d’engager avec le pianiste un bis sans partition, et d’effleurer d’une sublime délicatesse l’adaptation pour violon et piano du Clair de Lune de Debussy.

Crédit photographiques : © Petrahajska

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Prague. Rudolfinum, Dvořákova síň. 10-VII-2020. Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate pour violon et piano n°2 M. 77. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour violon et piano n°9 ‘’Kreutzer’’ en la majeur op. 47. Josef Špaček, violon. Miroslav Sekera, piano

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