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Ivry Gitlis, figure de la vie musicale, pleine de charme et d’esprit

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Grande figure musicale des dernières décennies, le violoniste israélien est décédé ce 24 décembre 2020 à Paris à l’âge de 98 ans.


Ses parents, juifs, étaient originaires de Kamenets-Podolski, aujourd’hui en Ukraine, mais naît à Haïfa en Palestine (où ils s’étaient réfugiés en 1921), à l’époque sous mandat britannique, le 25 août 1922. Il commence le violon très jeune et, enfant prodige, est remarqué par Bronisław Huberman qui l’envoie étudier à Paris en 1931. Gitlis débarque dans la capitale française avec sa mère et à 13 ans, sort du Conservatoire national de musique et d’art dramatique de Paris avec un Premier prix. Il se perfectionne ensuite auprès de George Enesco, Jacques Thibaud et Carl Flesch. En Grande-Bretagne à partir de 1940, il revient à Paris en 1951 et obtient une 5e place au Concours Long-Thibaud. Sa carrière prend son envol à cette époque et Gitlis se produit dès lors aux quatre coins du monde, notamment grâce à un impresario américain célèbre, Sol Hurok, qui réussit à le faire jouer en URSS et aux États-Unis.

Il enregistre entre Paris et Vienne quelques disques de concertos (ceux de Tchaïkovski, Sibelius, Mendelssohn, Berg, Hindemith, Stravinski, le 1er de Bruch, le 2ᵉ de Bartók) pour le label américain Vox qui firent sa célébrité. Après cette période (1953-1962), il enregistra aussi chez Philips, notamment des concertos de Paganini, Saint-Saëns, Wieniawski et des pièces de genre et de virtuosité, accompagné par Tasso Janopoulo, puis plus tard par Shuku Iwasaki. Il grave aussi au Japon pour EMI un répertoire similaire où il est accompagné par Shigeo Neriki en 1985 et Shuku Iwasaki en 1989.

Installé à Paris, Ivry Gitlis bénéficie comme d’autres d’une grande notoriété grâce au développement des médias audiovisuels, notamment la télévision (Le Grand Échiquier, Discorama, mais aussi les émissions de Guy Lux et celles de Maritie et Gilbert Carpentier). Il fait aussi des apparitions avec des stars de la pop et du rock, tourne dans plusieurs films (dont L’Histoire d’Adèle H. de François Truffaut). Gitlis fonde et dirige les Rencontres internationales de musique au Col de Vence (1972-1976) où se produisent Stéphane Grappelli, Jean-Pierre Rampal, le Quatuor Amadeus, Martha Argerich et beaucoup d’autres, et où il anime des master-classes. Suivront d’autres manifestations du même type à Menton, Saint-André-de-Cubzac et Bonifacio. Ivry Gitlis, même à un âge avancé, continuait à se produire, surtout pour le plaisir du partage avec ses amis et collègues, en musique de chambre mais aussi en improvisant, un art dans lequel Gitlis, âme de tzigane, excellait.

Ivry Gitlis a écrit ses mémoires, L’âme et la corde (Robert Laffont, 1980), qui ont fait l’objet d’une réactualisation en 2013 chez Buchet-Chastel, et fut marié à l’actrice allemande Sabine Glaser. Une figure de la vie musicale, pleine de charme et d’esprit, qui a traversé le XXᵉ et le début du XXIᵉ siècle, connu tous les supports d’enregistrements depuis le 78 tours, et côtoyé des artistes et un public variés qui ne manquèrent pas de régulièrement le célébrer.

Crédit photographique : © DR

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