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Héloïse Gaillard et Christophe Guida revisitent la musique de Johann Ludwig Krebs

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Johann Ludwig Krebs (1713-1780) : Choral Von Gott will ich nicht lassen ; Choral Jesu, der du meine Seele ; Choral Vom Himmel hoch da komm ich her ; Choral Wie schön leuchtet der Morgenstern ; Fantaisies pour hautbois et orgue en Fa majeur, Fa mineur et Fa majeur ; Prélude et fugue en ré mineur ; Trio en fa majeur ; Concerto en sol majeur. Héloïse Gaillard, hautbois baroque ; Christophe Guida à l’orgue Pascal Quoirin de la cathédrale de Fréjus (Var). 1 CD Ligia Digital. Enregistré en septembre 2019 en la cathédrale Saint-Léonce de Fréjus. Livret en français et anglais. Durée : 60:00

 

est célèbre pour avoir été sans doute le meilleur disciple de Bach. Portant en lui l’art de la composition reçu de son illustre maitre, et proposent ici une approche séduisante de sa musique, autour du bel orgue de Fréjus.

Fils d’organiste, le jeune fut élève à l’école Saint-Thomas de Leipzig. En 1726, il devint l’élève de Johann Sebastian Bach. Pourvu de dons exceptionnels, ses compositions pour l’orgue rappellent étrangement celles du génial cantor, qu’il imite souvent mais avec beaucoup de talent à la fois mélodique et harmonique. Bach lui donnait des devoirs de composition : le célèbre choral « Wir Glauben all’ an einen Gott » écrit par Krebs existe en différentes versions, dont la plus connue comporte une partie de double pédale. Bach reprit quelques erreurs mais fut séduit par une telle écriture, riche et inspirée. La version corrigée existe au catalogue BWV et porte le numéro 740.

Le programme de cet album présente diverses formes de composition utilisées par Krebs : Choral, Concerto, Fantaisie, Trio et Prélude et Fugue, les mêmes que celle de son illustre professeur. On note l’attirance pour la forme Trio, comme son collègue Gottfried August Homilius, organiste à la cour de Dresde. Aussi il n’hésite pas à bien développer cette forme en particulier, y compris dans certaines Fantaisies. Dans la Fantaisie en Fa mineur KWV 604, il rajoute judicieusement sur le trio de l’orgue une partie de hautbois, originale et du plus bel effet. Ce sont des pièces virtuoses et des œuvres qui brillent souvent par une main gauche audacieuse.

Krebs, après avoir été organiste en divers lieux, dont la Marienkirche de Zwickau, obtint une place à la cour de Friedrich III de Saxe-Gotha, à Altenburg. La chapelle du château renferme un instrument prestigieux du facteur Heinrich Trost et dont Krebs fut l’organiste jusqu’à sa mort, en 1780. Par chance on peut encore admirer et entendre ce chef-d’œuvre, témoin précieux pour la compréhension de l’univers sonore du compositeur.

Krebs composa diverses œuvres originales introduisant un instrument soliste avec l’orgue (flûte, hautbois ou trompette). interprète avec élégance trois Fantaisies sur un hautbois baroque de Marcel Ponseele d’après Hotteterre, à la sonorité fruitée et agréablement en harmonie avec les flûtes de l’orgue. On entend combien la musique de Krebs est charmeuse et joyeuse. La sonorité de fa mineur de l’une d’entre elles nous rappelle les questions du tempérament ancien, revues par Bach et ses élèves pour élargir les possibilités tonales et de modulations musicales. Dans les pièces pour orgue seul, prend à bras de corps les textes pour en révéler toutes les richesses, voire les secrets. Il y a comme chez Bach les pièces destinées à l’office luthérien, les chorals très décorés, autour du thème immuable et puis, une totale fantaisie musicale plus profane, avec les Concertos et les Préludes et fugues. A ce propos, le grand Prélude et fugue en ré mineur KWV 405 déploie de grandes phrases, comme d’innombrables guirlandes au sein d’un firmament scintillant. Après presque dix minutes, arrive une fugue au sujet audacieux qui, elle aussi, tiendra l’auditeur en haleine plus de onze minutes.

Le jeu maitrisé, virtuose et profondément posé de Christophe Guida fait merveille dans cette fin de programme, glorieuse et colorée. L’orgue de Fréjus, bien que quelque peu éloigné des instruments joués par Krebs, offre par ses qualités propres de magnifiques pistes musicales qui montrent l’universalité de la musique de Krebs à la suite de celle de Bach et qui se prolongera ensuite jusqu’à Brahms, via Mendelssohn.

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Johann Ludwig Krebs (1713-1780) : Choral Von Gott will ich nicht lassen ; Choral Jesu, der du meine Seele ; Choral Vom Himmel hoch da komm ich her ; Choral Wie schön leuchtet der Morgenstern ; Fantaisies pour hautbois et orgue en Fa majeur, Fa mineur et Fa majeur ; Prélude et fugue en ré mineur ; Trio en fa majeur ; Concerto en sol majeur. Héloïse Gaillard, hautbois baroque ; Christophe Guida à l’orgue Pascal Quoirin de la cathédrale de Fréjus (Var). 1 CD Ligia Digital. Enregistré en septembre 2019 en la cathédrale Saint-Léonce de Fréjus. Livret en français et anglais. Durée : 60:00

 
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