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Enregistrements inédits de Stefan Askenase par Meloclassic

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Frédéric Chopin (1810-1849) : Études op. 10 ; Nocturnes op. 9 n° 1-3, op. 15 n° 1 et 3, op. 32 n° 1-2, op. 37 n° 1 et op. 48 n° 2 ; Polonaise en fa dièse mineur op. 44 ; Valses op. 64 n° 1-2 et op. 34 n° 1. Robert Schumann (1810-1856) : Kreisleriana op. 16. Maurice Ravel (1875-1937) : Valses nobles et sentimentales. Antonio Soler (1729-1783) : Sonates R. 21 et R. 90. Stefan Askenase, piano. 2 CD Meloclassic. Enregistrés de 1952 à 1968 à Francfort-sur-le-Main, Hambourg et Berlin. Notice en anglais. Durée totale : 2:37:30

 

La nouvelle parution de Meloclassic est entièrement dévolue au pianiste légendaire et grand professeur .

Meloclassic ne cesse de surprendre en publiant des enregistrements rares et inédits de maîtres du XXème siècle. Parmi les dernières offres du label, il convient de noter en particulier un double album contenant des œuvres de Chopin, Ravel, Schumann et Soler, interprétées par , pianiste légendaire de Lviv (né en 1896), dont on se souvient surtout comme un professeur, qui a eu pour élèves Martha Argerich, André Tchaikowsky et Mitsuko Uchida.

Stefan Askenase a obtenu la nationalité belge en 1950. Dans les années 1950 et 1960, il a enregistré pour Deutsche Grammophon. Il a fait partie du jury du Concours international de piano Frédéric-Chopin en 1955 et 1960. Les gravures présentées par Meloclassic datent de 1952 à 1968 et ont été réalisées pour plusieurs stations de radio ouest-allemandes.

Le premier disque s’ouvre sur les Études op. 10 de Chopin, enregistrées par Askenase au Studio 3, à Francfort-sur-le-Main, le 1er décembre 1959. Malgré de petites erreurs textuelles, dès les premiers accords de l’Étude en ut majeur, l’artiste captive par son phrasé naturel et son toucher perlé. Son approche de l’opus 10 de Chopin s’apparente à une tentative de pénétrer l’intimité de cette musique. D’une certaine manière, c’est une exécution anti-virtuose, quelque peu sèche, mais aussi chantante. Les sopranos dans l’Étude en sol bémol majeur sonnent comme des cloches. Soudain, nous sommes transportés dans un pays irréel, féerique, plein de teintes chatoyantes.

Le CD n° 1 est complété par une sélection de neuf Nocturnes de Chopin captés le 2 février 1962 au Norddeutscher Rundfunk de Hambourg : op. 9 n° 1-3, op. 15 n° 1 et 3, op. 32 n° 1-2, op. 37 n° 1 et op. 48 n° 2. Le jeu de Stefan Askenase se caractérise par la sensibilité à la couleur, la sensualité, la délicatesse et parfois une sorte de rhétorique, qui se manifeste par une accentuation un peu plus forte de quelques notes ou accords, tout cela, cependant, est marqué par la modération et la simplicité.

Le deuxième disque commence par la Polonaise en fa dièse mineur op. 44 de Chopin dans un enregistrement effectué à Francfort le 26 avril 1952. Le phrasé s’imprègne de souplesse, discrètement arrondi, modulé d’un point de vue à la fois dynamique et agogique – même dans la partie ostinato, où le son pourrait être un peu plus nettement défini et articulé. La « mazurka » du milieu résonne de sons comme sortis tout droit d’une auberge de campagne – sauf qu’ils ne sont pas marqués par la joie mais emplis de rêverie et de langueur. Dans la récapitulation du thème de la polonaise, l’interprétation gagne en vivacité et en vigueur, bien que de petites impuretés se glissent ici et là.

Nous entendrons ensuite les Valses op. 64 n° 1-2 et op. 34 n° 1 de Chopin, ainsi que les Kreisleriana de dans une gravure réalisée à Hambourg le 9 septembre 1955. Le pianiste crée des ambiances variées, jouant de rubato (Valse en ut dièse mineur), il peut être triomphant, léger et surtout non conventionnel, sans toutefois rechercher l’originalité (Valse en la bémol majeur). Dans les Kreisleriana, à son tour, nous découvrons beaucoup de profondeur émotionnelle – de l’agitation au lyrisme et à la tendresse. Askenase peaufine le son avec chaleur et la même économie de pédale que dans les Études de Chopin.

Le CD n° 2 se clôt sur les Valses nobles et sentimentales de et deux Sonates (R. 21 et R. 90) d’, enregistrées le 5 mai 1968 à Berlin. Dans les valses, Stefan Askenase subjugue par la musicalité et la finesse – tant au niveau de la sonorité que dans la conduite de la narration. L’artiste paraît complètement immergé dans cette composition, jouant avec sagesse et maturité, apprivoisant magistralement le temps et maîtrisant les silences. La prestation ressemble à une improvisation, ce qui est probablement ce que Ravel avait à l’esprit en l’écrivant. En ce qui concerne les Sonates de Soler, Askenase séduit par la poésie, la richesse des nuances d’articulation et une large palette de couleurs. Il est raffiné et sophistiqué, mais sans exagération. Tout s’avère équilibré avec une régularité d’horloge. Il ne reste plus qu’à attraper une bouteille de vin rouge espagnol et à savourer.

Ce texte est l’adaptation d’une chronique parue originellement en polonais.

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Frédéric Chopin (1810-1849) : Études op. 10 ; Nocturnes op. 9 n° 1-3, op. 15 n° 1 et 3, op. 32 n° 1-2, op. 37 n° 1 et op. 48 n° 2 ; Polonaise en fa dièse mineur op. 44 ; Valses op. 64 n° 1-2 et op. 34 n° 1. Robert Schumann (1810-1856) : Kreisleriana op. 16. Maurice Ravel (1875-1937) : Valses nobles et sentimentales. Antonio Soler (1729-1783) : Sonates R. 21 et R. 90. Stefan Askenase, piano. 2 CD Meloclassic. Enregistrés de 1952 à 1968 à Francfort-sur-le-Main, Hambourg et Berlin. Notice en anglais. Durée totale : 2:37:30

 
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