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Liszt pianiste arrangé à l’orgue par Christoph Kuhlmann

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Franz Liszt (1811-1886) : Vallée d’Obermann ; Sposalizio ; Il penseroso ; Harmonies du soir ; Consolations n° 1, n° 2, n° 4 et n° 5 ; Angélus, prière aux anges gardiens ; Bénédiction de Dieu dans la solitude. Christoph Kuhlmann à l’orgue G. F. Steinmeyer op. 1400 (1925), restauration Friedrich Fleiter (2018) de Ss. Corpus Christi de Berlin (Allemagne). 1 CD Ambiente. Enregistré en février 2020. Livret en anglais, français et allemand. Durée : 69:14

 

Se souvenant de transcripteur et arrangeur de génie, l’organiste allemand se lance avec réussite dans l’exercice périlleux d’adapter des œuvres de piano pour l’instrument à tuyaux.

brille au firmament musical par ses œuvres orchestrales et pour le piano. A y regarder de plus près, l’orgue a cependant occupé une place importante dans la vie du compositeur, essentiellement concrétisée par deux périodes : une première autour de 1850 avec les célèbres trois grandes pièces pour orgue ( B.A.C.H., Ad nos et Weinen klagen) et quelques décennies plus tard, une nouvelle série d’œuvres plus mystiques. Dans cette deuxième production, on rencontre de nombreuses transcriptions de Mozart, Verdi, Chopin ou Wagner. Liszt démontre que l’orgue à tuyaux peut tout reproduire, remplaçant d’un coup tous les instruments de l’orchestre. Il le fait aussi en modifiant un discours prévu à l’origine pour le piano et réécrit complètement la disposition du texte, pour mieux le rapprocher des caractéristiques fondamentales du son continu de l’orgue. N’oublions pas que Liszt lui-même fut organiste, subjugué par certaines machines musicales dont l’imposant instrument de Merseburg pour lequel il avait composé sa fameuse Fantaisie sur B.A.C.H.

Que penser alors d’une démarche analogue à partir de ses propres œuvres pour le piano ? Il semble qu’un choix s’impose à partir d’œuvres où l’ambiance même s’harmonise avec ce que l’orgue peut apporter de nouveau, mais surtout de musical, afin de montrer certaines pièces sous un éclairage nouveau, comme si Liszt lui-même avait pu les imaginer pour cet instrument qu’il chérissait tant et qui l’accompagna jusqu’à la fin de sa vie en 1886. Le présent programme regroupe ainsi des extraits des Années de pèlerinage avec La vallée d’Obermann, Sposalizio, Il Penseroso, Prière aux anges gardiens. Quatre des six Consolations sont présentées ici et prennent une profondeur particulière, à la manière de nocturnes. Enfin la Bénédiction de Dieu dans la solitude, extraite des Harmonies poétiques et religieuses confirme l’intérêt de ce regard, proche de la nature et d’une très grande spiritualité, sans doute l’une des plus belles œuvres de Franz Liszt.

Pour interpréter ces adaptations, l’organiste s’est rapproché de partitions réalisées par divers transcripteurs dont Johannes Geffert, Fritz Volbach, Istvan Koloss ou Edwin Lemare. Chacune a été pensée pour un orgue symphonique en adéquation avec le discours musical de Liszt et semble naturellement écrite pour cet instrument. Le tissu romantique se révèle encore plus grâce à la tenue des sons, laissant apparaitre à l’auditeur de magiques poèmes symphoniques. Le choix de l’orgue, un Steinmeyer Berlinois de 1925 y contribue grandement depuis ses 70 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier.

Christoph Kuhlmann, organiste à Köln (Allemagne) fut en France l’élève de et de . Il aborde avec une réelle réussite ce passage délicat du piano à l’orgue pour sublimer d’avantage ces univers décoratifs et philosophiques, évoquant la totalité d’un monde sonore pour le moins inédit. Grâce à un jeu d’équilibres doté d’une virtuosité indispensable avec ce compositeur et d’une sensibilité réelle dans l’expression des affects, Christoph Kuhlmann se fait le médiateur entre Liszt et nous, évoquant plus que jamais ce qu’évoquait le compositeur en 1835 : « Et l’orgue, l’orgue… ce Saint-père des instruments, cet océan mystérieux« .

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Franz Liszt (1811-1886) : Vallée d’Obermann ; Sposalizio ; Il penseroso ; Harmonies du soir ; Consolations n° 1, n° 2, n° 4 et n° 5 ; Angélus, prière aux anges gardiens ; Bénédiction de Dieu dans la solitude. Christoph Kuhlmann à l’orgue G. F. Steinmeyer op. 1400 (1925), restauration Friedrich Fleiter (2018) de Ss. Corpus Christi de Berlin (Allemagne). 1 CD Ambiente. Enregistré en février 2020. Livret en anglais, français et allemand. Durée : 69:14

 
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