Décès de Jean Rossier, président de Parole et Musique
L’association Parole et Musique, créée en 1995 par Françoise Tillard, annonce le décès de son président Jean Rossier, en Suisse où il a terminé ses jours. Président de Parole et Musique depuis 2014, Jean Rossier, très actif et convivial, avait élargi la diffusion des concerts de l’association.
Né le 18 juin 1944 en Belgique, Jean Rossier était médecin, neurobiologiste, chercheur scientifique, professeur à l’hôpital Saint-Anne puis à Neuroscience Paris Seine, membre de l’Institut de France – Académie des sciences.
L’association Parole et Musique invite le public après son prochain concert du 1er février à 17h30 (Mozart à quatre mains), à venir trinquer à sa mémoire.
A sa création Parole et musique s’est donné pour objectif l’enseignement du répertoire chant et piano dont le prolongement a été d’organiser des évènements pédagogiques ou artistiques, qu’il s’agisse de musique de chambre et récitals ou d’opéras de poche.
Installée dans le XIVe arrondissement de Paris et plus précisément depuis septembre 2024 à l’Auditorium du Conservatoire Darius Milhaud, Parole et Musique a également sorti deux CD en 2021 et 2022 (avec Stéphanie d’Oustrac en hommage à Pauline Viardot et Vous avez dit Romance ? avec la soprano Françoise Masset).











Bonjour,
Voici : j’ai bien connu Jean depuis 1958 (oui, cela fait 67 ans et plus). Nous étions voisins, nos deux maisons étaient adjacentes. Mes parents louaient alors notre maison et nous avons bien failli acheter la maison que les parents de Jean ont occupé : si nous l’avions achetée pas certain du tout que je parle de cela ici … Nous avons alors acheté une autre maison deux maisons plus loin, du même côté de la rue, et nous restions ainsi fort voisins. De plus, Jean et moi avions à peu près le même âge (différence de quelques mois) et nous allions au même collège (école secondaire en Belgique). Nous allions donc en tram (8 km à faire environ) et il en fallait deux : en principe ces trams étaient bien synchronisés mais le premier arrivait trop souvent tard et le 2e tram partait sans nous attendre. Jean avait trouvé la parade : en courant, il tirait le pantographe (à Bruxelles, on nomme cela « Jeff, de fleche is af ! »). Il se faisait engueuler sans plus et nous en profitions pour monter dans le tram. Cette anecdote est tout Jean : humour, efficacité, non conforme. Au collège il était assez turbulent et taquinait les profs (on dit chahuter) et les élèves (moi inclus puisque j’étais alors timide et naïf vu mon éducation calquée sur celle de 1920). Plus tard nous avons été à l’univ, lui à Bruxelles en médecine et moi à Leuven en ingénieur. Nous nous rencontrions souvent le weekend aussi avec son frère aîné (tout aussi non standard 🙂 et sa soeur.
Sa mère était vraiment intéressante et nous avions souvent des discussions intenses devant leur garage à 4 ou 5. Etant devenu médecin Jean est parti à Paris et nous avons continué à nous voir : j’ai été à Paris pour le rencontrer. Son rire mémorable était toujours là et me faisait le plus grand bien. Heureuse époque. Puis il est parti aux Amériques (1975) et nous nous sommes moins vus. Tous les deux nous avons fait principalement de la recherche et nous sommes devenus académiciens. Il y a quelques années nous avons fait partie d’un même jury à Toulouse (chaire Fermat).
Dimanche 14 décembre 2025 Jean me téléphone, surprise !, et nous convenons de nous voir à Bruxelles 8 jours plus tard. Hélas, le lendemain il apprend l’état dans lequel il est … Jean, repose en paix, merci pour ton amitié, ton rire, et plus.
Dans l esprit léger, délicat et chantant charmant et musical de Jean, nous serons heureux de vous retrouver le 1er février et pensons à tous ceux, sa femme, ses enfants, Françoise Tillard, ses amis, à qui son rire doit manquer énormément.
Gardons précieusement cette flamme de joie, de légèreté et de rire en nous et faisons la découvrir à la jeunesse qui en a bien besoin.
J’ai eu la chance de rencontrer Jean et Françoise à de nombreuses occasions.
Je ne peux m’empêcher de raconter une anecdote plutôt drôle.
Un jour où je descendais en ascenseur dans mon immeuble, arrivée au rez de chaussée la porte s’ouvre et je me trouve face à un académicien en grande tenue ; devant mon immense surprise il éclate de rire. Il rendait visite à sa famille sans avoir eu le temps de se changer et de plus il était venu en vélo dans cet uniforme. Cette anecdote représente bien Jean dans sa grande simplicité et son humour.
Je regrette infiniment de n’avoir pu revoir Jean Rossier après notre curieuse et insolite rencontre sur le bord de la route et à la sortie de Saint Luc, Canton du Valais….
En effet, Jean Rossier venait de dégringoler la montagne et lui-même et sa femme agitaient assez vigoureusement les bras afin de solliciter de l’aide.
Je me suis arrêtée, les ai invités à mon dans ma voiture.
Je n’oublierai jamais la conversation que nous avons eue en nous dirigeant vert Chandolin, c’était léger, drôle, tendre….. Je suis restée scotchée sur un nuage…..
J’aimerais serrer sa délicieuse femme, Françoise? , dans mes bras…… ce sera en esprit.
Le ghrá ( avec grande, forte amitié/amour en Gaélique irlandais)
Jeanne Connolly Genève CH