La cheffe d’orchestre Mojca Lavrenčič remporte le concours La Maestra 2026
Sur quatre jours de compétition de La Maestra 2026, seize candidates ont dirigé le Paris Mozart Orchestra et l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris. A l'issue de la finale hier soir (lire notre compte-rendu), la cheffe d'orchestre slovène Mojca Lavrenčič (33 ans) a remporté la quatrième édition du concours, doté de 20 000€.
Elle remporte également les prix suivants : le Prix du comité des orchestres internationaux, le Prix du comité ECHO, le Prix du comité des salles et des orchestres français, le Prix du comité Arte, le Prix des musiciens de l'Orchestre de Paris.
Première sur la liste d'attente, la gagnante avait remplacé la candidate cubaine Jessica Rivero Altarriba contrainte de renoncer à sa participation pour des raisons indépendantes de sa volonté.
Le deuxième prix, doté de 10 000 €, revient à la Chinoise Jiajing Lai (34 ans) et le troisième, doté de 5 000€, à la Française Alizé Léhon (27 ans) qui remporte également le Prix du Comité Génération Opéra.
La cheffe palestinienne Lamar Elias (26 ans) remporte quant à elle un des prix spéciaux, celui des musiciens du Paris Mozart Orchestra.
Le jury était présidé lors de cette édition par la cheffe ukrainienne Oksana Lyniv, directrice musicale du Teatro Comunale di Bologna.
Le concours est complété d'une académie qui accompagne professionnellement les lauréates sur une durée de deux ans.
Fondatrice du festival Dvoriščni koncerti (Concerts de cour) dans sa ville natale, la lauréate Mojca Lavrenčič a étudié la direction d'orchestre à l'Université de Ljubljana auprès de Marko Letonja et a acquis une première expérience professionnelle au SNG Opera and Ballet Ljubljana, assistant des chefs invités de renom et dirigeant des productions d'opéra et de ballet. Elle poursuit sa formation en Suisse, auprès d'Andrea Marcon à la Schola Cantorum Basiliensis.









Il est possible que le jury du concours de Besançon aurait éliminé toutes ces candidates en série : après tout, celui de Genève vient de réussir à ne sélectionner qu’une femme en demi-finale. Reste à savoir si ça en dit long sur les candidates (il y en avait de brillantes à Genève) ou sur les jurys…
La question n’est pas tant de savoir qui sera « THE' »cheffe de demain, vision somme toute assez masculine d’un monde où on ne s’intéresse qu’au plus fort (ou, rarement, à la plus forte). La Maestra contribue à donner une réponse positive à une autre question, celle de savoir qu’il y aura *des* cheffes demain. Et si la marche vers une mixité de la fonction aide à questionner un modèle très testotéroné de la direction d’orchestre, y compris dans le rapport aux musiciens et musiciennes (il y a une assez riche actualité là-dessus, non ?), c’est plutôt bien. De ce point de vue aussi, ce que j’ai vu lors de cette session est encourageant.
Au-delà la surprise toujours assez réjouissante de voir une candidate non sélectionnée dans un premier temps déjouer tous les pronostics (c’est comme en coupe de France de foot quand des amateurs l’emportent sur des équipes de ligue 1), le classement final m’importe peu : j’ai trouvé les finalistes très convaincantes sur l’ensemble de la semaine. Je n’aurais probablement pas sélectionné Jiajing Lai en finale, mais j’ai vraiment apprécié son travail puis sa performance sur la création de DIana Soh, ce qui n’est pas anodin.
J’ai trouvé ce concours d’un très bon niveau. Assurément, ce ne sont pas des néophytes de la direction qui étaient présentes. Toutes les candidates ont leur personnalité, charisme . J ‘ai trouvé beaucoup de fraîcheur dans leur tenue et direction. La gagnante avait un charisme fou et devait donner ( peut être) un surplus de motivation aux musiciens . J’ai bien aimé la candidate française . Ce qui serait intéressant c’est d’avoir les remarques des membres du jury et ce qui a fait la différence. Mon seul bémol serait pour l’oeuvre imposée mais les goûts et les couleurs !!!!!!
D’accord avec Martin.
Un concours qui n’est rien d’autre qu’un nivellement par le bas du niveau de chef (ou cheffe, on s’en fout du sexe).
Un concours sexiste et discriminant pour lutter pour contre la discrimination.
Voilà une bonne raison pour ne prêter aucune attention/oreille à cette parodie de féminisme.
Plus de cheffe ? Oui ! Mais ce n’est pas en excluant que vous montrerez le bon exemple et surtout que vous arriverez à promouvoir le métier auprès des femmes. Et surtout trouver THE cheffe de demain.
Quant à la promotion de Maestra 2026, elle est pathétique. Plus personne n’entendra parler de ces jeunes femmes. Aussi raides, rigides et inélégantes qu’un barreau de prison. Elles communiquent bien avec l’orchestre ? Encore heureux ! Même si elles ne sont pas là pour être les potes de Jean Michel contre bassiste.
Et la battue mode horizontal vertical comme au solfège quand j’avais 8 ans, donnez un départ à la clarinette, faux sourire, non merci !!
Ce n’est pas leur rendre service que des les faire concourir entre elles: vous nivelez par le bas. Au concours de Besançon, elles se feraient balayer dès les qualifs. Mais elles apprendraient. Et au fur et à mesure…
Bien placé face 3/4 de chaque cheffe lors de la finale et de ses répétitions, j’ai beaucoup apprécié la direction de Mojca Lavrenčič : expressive, énergique et directe. Ses échanges avec l’orchestre lors des répétitions montrent une grande maîtrise de ce qu’elle en attend. Première place méritée.
C’est à peu de chose près ce que j’ai observé avec Alizé Léhon dont la gestique tout à la fois énergique et souple ainsi que la communication avec l’orchestre m’ont conquis. A noter qu’elle avait sans aucun doute conquis Oksana Linyv qui s’est mise à danser sur son siège lors de la répétition de la Valse de Ravel ! J’ai par ailleurs été conquis par son interprétation de Petrouchka (tempo plus rapide que les trois autres notamment). Personnellement je l’aurais classée en second.
En revanche, la direction de Jiajing Lai ne m’a absolument pas convincu en particulier du fait de son manque de nuances.
Tout à fait d’accord, moi aussi, avec Alfred. Alizé Léon méritait très largement la deuxième place. La direction de la chinoise Jiajing Lai ne m’a absolument pas convaincu. Le bras gauche n’est que le symétrique du bras droit ; du dynamisme certes mais peu d’expression.
Tout à fait d’accord avec Alfred Odoux. Je garde en mémoire les qualités de la lauréate qu’a mises en avant le représentant de l’orchestre de Paris lorsqu’il lui a remis le prix : la qualité du dialogue avec les musiciens de l’orchestre, l’originalité de sa personne [autrement dit sa personnalité], sa maîtrise technique.
De fait, ce que j’ai trouvé remarquable dans sa manière de diriger, c’est son aisance à désynchroniser, quand elle le jugeait nécessaire, les mouvements de ses bras, le droit continuant à battre la mesure, le gauche (la main gauche plus précisément) se chargeant de transmettre aux musiciens l’expression musicale que la cheffe souhaitait (les nuances, les timbres, leurs dynamiques,…). Tout se passait comme si, du moins c’est l’impression que j’avais, l’orchestre tout entier formait un magnifique instrument dont jouait la cheffe : ce que j’entendais etait en parfait accord avec les gestes de Mojca Lavrencic.
Et puis j’ai assisté à la première partie de la finale, où elle a livré une interprétation du premier mouvement de la 7eme symphonie de Beethoven de toute beauté.
Bref elle est déjà une grande cheffe et une magnifique musicienne.
Cela ne m’empêche pas d’avoir une pensée émue pour les trois autres finalistes, qui n’ont pas démérité, c’est le moins qu’on puisse dire.
Résidant proche de la cité de la musique, je suis abonné à la philharmonie depuis …longtemps. Le concours de La Maestra est extrèmement plaisant et attirant. Les répétitions sont très intéressantes. Bien qu’amateur de musique j’ai toujours du mal à juger, comme les professionnels du jury, de la valeur d’une direction. Cela ne me démotive pas. Sans juger, je sais apprécier. D’autant plus que le spectateur, auditeur que je suis est finalement le « client ». Alors il faudrait, parfois, m’aider à comprendre les choix.
Vous ne dites pas un mot de Molly Turner, tout comme le jury l’a un peu snobé. Elle est, pourtant, séduisante, belle, tonique et semblait faire partie intégrante de l’orchestre qu’elle avait devant elle, tout en le dirigeant magistralement. Dommage. Suite à la Maestra 2026, c’est elle que j’ai envi de suivre.
Daniel MORLET
j’ai également choisi Mojca Lavrenncic comme laureate qui a survolé le concours
j’aurais mis Alize Lehon en second
le concours fut d’un niveau très élevé