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Avec Le basset et le basson, l’ONDIF signe encore un excellent conte musical

En point d'orgue d'une tournée régionale, l'Orchestre national d'Île de France proposait dans la Grande salle de la Philharmonie de Paris un formidable hymne à la musique : Le basset et le basson, sur un livret de et une musique composée pour l'occasion par .

Les spectacles tout public sont de bonnes occasions pour les jeunes chefs d'orchestre de faire leurs armes en conditions réelles, et pour nous de voir de nouvelles têtes, et peut-être les stars de demain. Pour cette tournée, l'ONDIF a fait confiance au jeune chef et compositeur (né en 1994), et celui-ci se sort fort bien de la partition pleine de chausses-trappes qu' a concoctée. Faussement simple, intelligente et pleine de surprises, la musique est d'une qualité remarquable pour une composition originale destinée à ce type de concert. Le compositeur franco-grec, habitué à composer pour les enfants, a gâté les 35 musiciens classiques en belles mélodies, en moments d'inspiration bruitiste et en facéties (par exemple avec le jouet pour chien qui fait « couic-couic » !), mais aussi le petit groupe de rock (clavier, batterie, guitare électrique et basse) qui est intégré au dispositif.

L'histoire nous est contée par le baryton , très peu chanteur mais acteur engagé et désopilant. Douanier chargé de faire appliquer les décrets absurdes d'un président despote (et piètre joueur de guitare électrique), il fait mettre en prison un bassoniste coupable de détenir un instrument de musique, mais son chien-saucisse va infléchir ce cours des choses bien sombre et permettre à la fable dystopique de se transformer en farce joyeuse. Le basson, c'est celui de , dont le son superbe et les mélodies envoûtantes feraient passer un frisson dans l'échine du plus insensible des cerbères. Le basset, c'est le violoncelle-solo de l'orchestre (créditons-le ici : Raphaël Unger, co-solo à l'ONDIF), qui par des glissandi incarne parfaitement le chien gémissant et jappant. Et la gagnante de l'histoire et de ce concert, c'est bien sûr la musique.

Soulignons enfin le texte de , enlevé et à plusieurs niveaux (le « Nous sommes ici par la volonté d'un tyran, nous n'en sortirons que par la force des clarinettes » aura réjoui plus d'un adulte), la mise en scène claire et astucieuse d', et l'équilibre parfait entre texte et musique, pour ce spectacle d'une petite heure que l'on ne voit pas passer. Réjouissant, intelligent, enrichissant : ce concert pour enfants de l'Orchestre national d'Île de France est encore une très belle réussite.

Crédits photographiques : © Christophe Urbain ; © Charlotte Bommelaer ; © Yves Petit

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