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Une grande et belle vision des hymnes de Jehan Titelouze

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jehan Titelouze (1563-1633) : Douze hymnes de l’église pour toucher sur l’orgue. Choeur Vox Resonat, direction Eric Mentzel ; Markus Goecke à l’orgue Guillaume Lesselier (1630) Bertrand Cattiaux (1999) de l’église Saint-Michel de Bolbec (Seine maritime). 2 CDs Raumklang Marc Aurel Edition MA 20033. Code barre : 4035566200331. Enregistré du 11 au 14 septembre 2001 en l’église de Bolbec. Livret bilingue allemand anglais. Durée totale : 64′ 31 » + 65′ 24 ».

 

titelouze_goecke_raumklang

Il est fort rare d’entendre au disque une version intégrale des hymnes de Titelouze. Outre quelques enregistrements d’extraits parfois très réussis, seul Yves G. Préfontaine pour le label Atma avait proposé en 2008 une très belle approche sur l’orgue de Seurre (Bourgogne).

, chanoine et organiste de la cathédrale de Rouen au tournant de la Renaissance et du pré-baroque, offre à la postérité un livre d’orgue d’une rare qualité. Divisé en deux parties, ce livre présente tout d’abord douze hymnes parmi les plus chantés à l’église, suivis de versets pour le Magnificat dans les huit tons usuels. Cet enregistrement propose ici l’intégrale de la première partie, ces versets d’orgues sur les hymnes de l’église dont certains inspirèrent encore tant de compositeurs.

Le contexte de l’époque est particulier tant par l’écriture de la musique que par l’utilisation des orgues. Par chance cet album nous fait entendre ces pages sur un orgue miraculeusement sauvé depuis l’époque de Titelouze. Construit en 1630 pour l’église Saint-Herbland à Rouen, et tenu par Jacques Boyvin, illustre élève de Titelouze, l’orgue est acheté en 1792 pour occuper la tribune de l’église de Bolbec. Après quelques transformations inévitables depuis, c’est qui le restaure en 1999, lui redonnant son aspect original, et du coup très propice à ce répertoire. Les caractéristiques de cet orgue sont en harmonie avec les préceptes de registration préconisés par le Père Marin Mersenne dans son ouvrage « L’harmonie universelle ».

Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour se placer dans le meilleur contexte sonore possible. Martin Goecke aborde cette musique avec le souffle indispensable que réclame le discours savant de l’auteur. Cette musique est à l’évidence celle d’un esprit supérieur, qui travaille la polyphonie avec sensualité. Les mélanges judicieusement choisis par l’organiste, parfois inhabituels à nos oreilles, et pourtant tout à fait à leur place, nous plongent dans un univers fascinant et inédit. Les différents versets se succèdent alternés par les interventions du choeur Vox Renonat, au rythme allant, toujours agréables à l’audition.

L’auditeur retrouve avec bonheur quelques thèmes connus tel le Veni Creator, le Pange Lingua ou l’Ave Maris Stella. Les tempi de l’orgue ne sont jamais trop rapides et permettent un lisibilité parfaite à cette savante polyphonie, soutenue par une prise de son très équilibrée, assez proche, qui s’épanouit dans l’acoustique de Bolbec, pourtant difficile à capter en général.

Un seul souhait peut être, serait que ces interprètes proposent la deuxième partie du livre d’orgue, les Magnificat, ce qui apporterait enfin une intégrale au disque, pour la toute première fois. , le père de l’orgue français le vaudrait bien.

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