La Somptueuse Frau du Mariinsky en DVD

À emporter, DVD, Opéra

Richard Strauss (1864-1949) : Die Frau ohne Schatten, opéra en trois actes. Mise en scène : . Scénographie et costumes : . Lumières : Tim Mitchell. Vidéographie : Sven Ortel et Nina Dunn. Chorégraphie : Denni Sayers. Avec : : Der Kaiser ; , Die Kaiserin ; , Die Amme ; , Barak, der Färber ; , Sein Weib ; , Der Geisterbote ; Liudmila Dudinova, Der Hütter der Sshwelle des Tempels ; Alexander Timchenko, Erscheinung eines Jünglings ; , Die Stimme des Falken ; Lydia Bobokhina, Eine Stimme von oben ; Andrei Spekhov, Nikolai Kamenski et Andrei Popov, Des Färbers Brüder. Chœurs, chœur d’enfant, ballet, figurants et , direction : . Réalisation : Henning Kasten. Enregistré les 5 et 6 décembre 2011 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Sous-titrage en anglais, français, allemand, espagnol et russe. Notice en russe, anglais, français et allemand. Format image : NTSC SD (720×480) 16:9. Format son : 2.0 24-BIT PCM STEREO ; 5.1 DOLBY DIGITAL ; 5.1 DTS. 2 DVD. Mariinsky MAR0543. Code-barre : 822231 854326. Zone 0. Durée : 136’19’’ + 67’13’’.

 

Les Clefs Resmusica

FrauLes belles productions de la Femme sans ombre ne sont pas légion, et l’on se réjouira de la parution en DVD et en BluRay de ce magnifique spectacle du Mariinsky, lequel a également fait les beaux soirs du festival d’Édimbourg de 2011. On n’aura ainsi que des éloges pour la mise en scène de , et surtout pour les décors et les costumes de son acolyte . Prenant le parti de différencier au maximum les scènes passées chez les esprits de celles se déroulant chez les humains, ce dernier conçoit de superbes dispositifs que la technique d’aujourd’hui permet d’alterner sans difficulté. À l’esthétique orientalisante du monde de Keikobad, qui semblerait s’échapper tout droit d’un opéra de Rimsky-Korsakov, il oppose l’intérieur sordide d’un sinistre lavomatique de banlieue : machines à laver, lit défoncé, téléviseur à moitié en panne, cul de voiture permettant d’assurer les livraisons, etc. De même, les sublimes costumes chinoisants du peuple des esprits contrastent avec les jeans et les T-shirts délavés du monde des humains. Au troisième acte, au moment de l’intersection des deux univers et de la déstructuration totale, des éléments du triste intérieur de Barak (lit, estafette, téléviseur…) sont projetés dans les airs. Les images-vidéo, d’une beauté plastique à couper le souffle, animent avec maestria les deux mondes dans lesquels se meuvent tant bien que mal des personnages en quête de leur vérité, touchants l’un comme l’autre dans leurs errements et dans leurs égarements. Si des esprits fantasques sortent des machines de la laverie de Barak au premier acte, un océan déchaîné engloutit les illusions de l’Impératrice au troisième. Dans chacun des trois actes, un faucon en plein vol plane majestueusement au-dessus d’un monde fait de magie et de mystère. Dans un cadre aussi somptueux, la direction d’acteurs paraît parfois un peu négligée, seule la bouleversante Teinturière d’ parvenant à marquer réellement son personnage sur le plan scénique.

La distribution est dans l’ensemble compétente, même si, vocalement, aucun des interprètes n’illumine véritablement son rôle. est ainsi un émouvant Barak, dont on pourrait espérer encore davantage d’engagement dramatique. se bat quant à lui avec la tessiture impossible de l’Empereur, masquant mal le fait qu’il est un peu gêné aux entournures. Touchante sous ses allures de fausse blonde, Olga Sergeeva fait valoir une voix fatiguée mais toujours valeureuse, et son engagement sur le plan scénique est total. Capable de chanter à pleins poumons toutes les notes de sa partie, ce qui en soi est déjà un petit miracle, l’Impératrice de n’a pas le rayonnement des grandes interprètes du rôle. En dépit d’un timbre dénué de charme, c’est encore la nourrice d’ qui, dans un rôle pourtant ingrat, donne le plus de satisfaction sur le plan vocal, pour ne rien dire des petits rôles, tous bien tenus.

De toute manière, le grand triomphateur de la soirée est sans conteste , dans une partition rutilante aux mille couleurs qui convient parfaitement à son tempérament musical. La phalange du Mariinsly est sans doute l’instrument idéal aujourd’hui pour rendre justice à l’orchestration d’une œuvre aussi chatoyante, qu’on regrette de ne pas pouvoir entendre plus souvent sur les scènes lyriques de la planète.

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