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Murail et Poulenc par l’Orchestre national de Lille

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lille, Auditorium du Nouveau Siècle, 4-X-2014.
Tristan Murail (1947-) : Réflections/Reflets (création française) ; Thierry Escaich (1965-) : Improvisations à l’orgue ; Francis Poulenc (1899-1963) : Concerto pour orgue, orchestre à cordes et timbales en sol mineur ; Stabat Mater.
Thierry Escaich, orgue ; Nicole Cabell, soprano ; Orchestre national de Lille, Chœur régional Nord-Pas de Calais ; Eric Deltour, chef du chœur ; Quentin Hindley et Jean-Claude Casadesus, direction.

Quintin HindleyPour l’ouverture de la saison lilloise, l’ propose un programme pas comme les autres, notamment la création française de musique dite spectrale par et des improvisations sur orgue de

Le concert s’ouvre sur la nouvelle œuvre de , Réflections/Reflets, composée de deux parties : Spleen, inspiré du poème de Baudelaire « Quand le ciel bas et lourd », intégrant quelques pages évoquant les cloches, que Murail a composées à l’âge de 17 ans, et High Voltage/Haute tension, un feu d’artifice orchestral, faisant référence aux Feux d’artifice de Debussy mais aussi à Stravinsky. Commande de BBC Symphony Orchestra, la pièce a été créée au Barbican Centre de Londres en novembre 2013. La notion de micro-intervalle étant nettement présente, une partie de l’orchestre est accordée un quart de ton plus bas que le reste, rendant la texture sonore plus dense. La deuxième pièce est remplie de virtuosité du rythme, du ton et de la sonorité, à laquelle sait donner une grande cohérence grâce à une direction claire.

Dans ses improvisations, prend discrètement le thème du Concerto pour orgue de Poulenc qu’il va jouer ensuite. Ici aussi, des jeux de sonorités ravivent l’esprit, par un dynamisme et une délicatesse liés à chacune des registrations. Dans le Concerto, ce caractère s’enrichit grâce à l’orchestre et les timbales ; mais la sècheresse du son des timbales se démarque parfois très nettement par rapport à la rondeur des cordes, créant un petit décalage sonore à l’oreille. Dans le Stabat Mater, si l’ensemble est harmonieux, le chœur régional Nord-Pas de Calais, malgré sa centaine de choristes, reste assez sobre. Les sopranos et ténors ont tendance à forcer la voix, notamment dans les aigus ; les altos et surtout les basses sont parfois ternes et bruts. Toutefois, comme il s’agit d’un chœur amateur, on ne peut pas demander la même perfection qu’à un chœur composé de professionnels qui s’y consacrent entièrement… La soprano , « BBC singer of the world » en 2005, séduit le public avec un timbre riche qui se confond parfois avec celui du mezzo, voire de l’alto. Sa voix s’élance avec aisance, sans être couverte par l’orchestre, à n’importe quelle tessiture. Il est dès lors frustrant que la partie soliste ne soit pas davantage mise en relief, afin de pouvoir apprécier pleinement cette magnifique voix.

Crédit photographique : © Ugo Ponte-ONL

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