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Les dons de Reynaldo Hahn

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Reynaldo Hahn, un éclectique en musique. Sous la direction de Philippe Blay. Actes Sud/Palazetto Bru-Zane. Arles. 504p. 55€. Avril 2015.

 

reynaldo-hahnLe apporte sa contribution à l’actuelle résurrection de en nous faisant découvrir, par le biais d’un ouvrage de 500 pages, les multiples facettes d’un compositeur qui n’était pas que de salon.

Né au Venezuela en 1874 et naturalisé français, ne fut pas que l’ami de Proust (dont le musicien inonde la Recherche du temps perdu) promenant dans le chic des salons parisiens de la Belle Epoque la délicatesse de ses mélodies.

Le colloque retranscrit ici,  organisé en mai 2011 à Venise par le et coordonné par l’éminent spécialiste de la musique lyrique sous la Troisième République qu’est , nous révèle non seulement un compositeur de talent ultra-prolifique (jusque dans les tranchées de la Grande guerre) mais aussi littérateur (un ouvrage sur son amie Sarah Bernhardt), critique musical (qui loue Stravinsky mais méjuge Cosi fan tutte), conférencier, chanteur (diseur d’une imparable « capacité d’envoûtement », dit-on), pianiste, chef d’orchestre… Sa vie se conclura en 1947 après la belle logique d’une année à la tête de l’Opéra de Paris ! D’où le titre on ne peut plus judicieux de ce livre qui, s’attachant à un homme, fait défiler aussi toute une époque: Reynaldo Hahn, un éclectique en musique.

Passé un émouvant « Portrait familial » confié à une descendante de Hahn, les plumes passionnées de 15 contributeurs font revivre le compositeur qui manquait à la chaîne musicale française entre Berlioz et Poulenc. Le tout est extrêmement documenté comme en témoignent la bibliographie invoquée en fin d’ouvrage ou encore les myriades de notes de bas de page.

Apparaît alors l’Art protéiforme de celui qui, en fervent élève de Massenet, fut toujours attaché à la grammaire tonale. Révulsé par le vérisme, se disant « fanatique d’Offenbach », admirateur des Maîtres-chanteurs plus que de Tristan, Hahn se colleta -hormis la symphonie- à tous les genres musicaux : un imposant corpus de mélodies (genre qu’il abandonna au retour de guerre), de la musique de chambre, de la musique instrumentale (le volumineux journal intime pour piano Le rossignol éperdu), des ballets, des concerti, 3 oratorios, 6 opéras, 5 opérettes, 3 comédies musicales, de la musique de film…

La fête parisienne faite récemment à sa classieuse Ciboulette, la reprise stéphanoise de son opéra shakespearien Le Marchand de Venise (dans lequel il affirme avoir mis « le meilleur de lui-même »), le très beau disque de l’ chez Timpani, et ce livre précieux à même d’intriguer les non-connaisseurs, ne suffisent plus à notre impatience de découvrir plus avant ce compositeur raffiné et mélancolique qui avait juré de ne « pas souffrir » et n’aspirait « qu’à construire de la beauté. »

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