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Une exposition pour raconter Madame Butterfly à la Scala

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Milan. Museo Teatrale alla Scala. Exposition « Madama Butterfly, l’Oriente Ritrovato ». Jusqu’au 28 février 2017.

Layout 2L’Orient de Madame Butterfly s’expose au musée du Teatro alla Scala. En complément de la nouvelle production du théâtre milanais dirigée par Riccardo Chailly et mise en scène par dans la version originale de Puccini, la charmante petite exposition soignée par , pioche dans les précieuses archives historiques du légendaire éditeur musical Ricordi. À travers kimonos et cerisiers, le visiteur parcourt les étapes principales de l’histoire de l’œuvre via la documentation précise des quatre mises en scène passées sur les planches de la Scala.

Tout commence en 1904. Le 17 février de cette même année, Puccini présente sa Butterfly ; c’est un véritable fiasco qui oblige le compositeur à revoir la partition. Cette partition est là, tout comme les maquettes des scénographies de Carlo Songa et de Vittoria Rota bien trop « occidentalisées » et lointaines du Japon authentique souhaité par le compositeur. Seule l’affiche originale de l’époque surprend par son élégance : Merlicovitz dépeint ici la timide geisha de dos, mélancolique dans son attente, sur fond de cerisiers en fleurs.

Il faudra attendre vingt ans à la Scala pour retrouver l’Orient de Madame Butterfly. On est en 1925 et cette fois-ci le duo Toscanini-Caramba sort vainqueur de l’épreuve. Créateur excentrique, Caramba saisit les suggestions Art Déco de l’époque pour les marier à l’identité fière et lumineuse du Japon ; les cartons exposés montrent bien toute la fantaisie et la créativité déployées pour garantir le succès.

Pourtant, toute l’exposition tourne autour de la mise en scène de 1951. Pour cette édition qui restera dans l’histoire, la Scala fait appel au célèbre peintre Tsuguharu Foujita. L’artiste, ami de Coco Chanel, célèbre la culture de son pays par une mise en scène de légende dans une Butterfly enchantée. Ses créations d’un subtil raffinement sont capables d’évoquer un univers secret et surprenant qui se reflète dans les délicats imprimés des merveilleux kimonos exposés. À observer de près, ces derniers dévoilent des vols d’oiseaux, des corolles de fleurs, des éventails dépliés, tous peints à la main sur des soieries d’une tonalité éclatante.

Enfin le 20 décembre 1985, c’est une Madame Butterfly inédite qui entre en scène à la Scala, au plus près des formules traditionnelles du théâtre japonais. C’est à trois Japonais d’ailleurs que revient la production : Keita Asari pour la mise en scène, Ichiro Takada pour la scénographie et Hanae Mori – styliste de la princesse Masako et de Grace de Monaco – pour les costumes. L’Orient d’Asari s’inspire directement des univers de Hokusai et d’Utamaro, tandis que les sévères kimonos de Mori dévoilent dans la doublure intérieure des motifs imprimés d’une grande finesse. Fidèles à la philosophie orientale, seuls les interprètes peuvent les apercevoir, pour en tirer force et inspiration avant de se produire en scène.

Coup de cœur de l’exposition, une vitrine à écran tactile qui permet au visiteur « d’interagir » avec la partition informatisée de « Un bel di vedremo ». En effleurant l’écran, tandis que l’on observe le trait nerveux de Puccini défiler au fil des notes, on choisit si l’on veut écouter l’interprétation de Carolina White (1910), de Renata Tebaldi (1949) ou de Maria Callas (1951). Émouvant …

De belles retrouvailles pour Milan et pour la Scala qui célèbrent, à leur manière, les 150 ans d’amitiés entre l’Italie et le Japon.

Crédit photographique : © Museo Teatrale alla Scala

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