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Bilan mitigé pour le nouvel album de Benjamin Appl

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Heimat. Lieder et songs de Franz Schubert (1797-1828) ; Johannes Brahms (1833-1897) ; Hugo Wolf (1860-1903) ; Richard Strauss (1864-1949) ; Max Reger (1873-1916) ; Franz Schreker (1878-1934) ; Adolf Strauss (1902-1944) ; Francis Poulenc (1899-1963) ; Benjamin Britten (1913-1976) ; Ralph Vaughan Williams (1872-1958) ; Sir Henry Bishop (1786-1855) ; Peter Warlock (1894-1930) ; John Ireland (1879-1962) ; Edvard Grieg (1843-1907). Benjamin Appl. baryton. James Baillieu, piano. 1 CD Sony Classical, Réf. 88985393032. Code-barre : 8 89853 93032 6. Enregistré en octobre 2016 et janvier 2017 au Studio 1 de la Bayerischer Rundfunk à Munich. Notice en anglais et allemand. Durée : 66’54

 

0889853930326Le baryton allemand BBC New Generation Artist 2014/16 et ECHO Rising Star 2015/16 (lire notre entretien), sort son premier album chez Sony.

Heimat – comment traduire ce mot qui contient tout une philosophie ? Heimat, c’est la patrie, c’est l’endroit d’où l’on vient. Heimat, ça sent le parfum de l’enfance, c’est un mot gorgé de souvenirs, d’images, de sons et de sentiments. Mais Heimat, c’est aussi l’endroit où l’on se sent chez soi. Heimat, c’est la famille, ce sont les amis et les traditions chéries.

Ce n’est donc pas étonnant que Heimat soit l’un des mots-clés de la poésie allemande et, par conséquent, du monde du lied. C’est en hommage à cette longue tradition que le baryton l’a choisi comme titre de son nouvel album. De Schubert à Schreker en passant par Brahms, Wolf, Reger et Strauss, il a composé un programme complexe et varié. Et il y a ajouté une note très personnelle : un beau bouquet de songs anglais nous rappelle qu’Appl a quitté, il y a quelques années, sa Bavière natale pour s’installer dans la capitale britannique.

Si le programme du CD est à la fois intelligent et captivant, le bilan purement musical se fait plus mitigé. Certes, la voix du jeune baryton est d’une belle étoffe, chaude et ronde. De son professeur, , il a hérité le grand art de la déclamation, des couleurs et nuances. Mais l’instrument accuse des limites sur les deux bouts de la tessiture. Pire encore, dès qu’il dépasse un mezzoforte, la voix perd en projection et le chant se fait poussif. Ajoutons la mauvaise habitude d’assombrir artificiellement certaines voyelles, un maniérisme particulièrement malvenu dans des lieder réclamant une approche bien plus simple tel que le fameux « Wiegenlied » de .

Saluons en revanche la prestation du pianiste . De son toucher léger et élégant, il répond à merveille au chant nuancé du baryton créant ainsi un superbe climat d’intimité et de complicité.

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