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Herreweghe, une conversation avec Camille De Rijck

À emporter, Essais et documents, Livre

Carlo Gesualdo (1566-1613) : Madrigali a cinque voci, Libro sesto ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantates BWV 48 et BWV 105 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Missa solemnis op. 123 ; Hector Berlioz (1803-1869) : Nuits d’été op. 7 (extraits) ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°4 ; Antonin Dvořák (1841-1904) : Requiem op. 89 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Requiem Canticles ; Threni. Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-Elysées, Royal Flemish Philharmonic, direction : Philippe Herreweghe. 1 Livre quadrilingue de 176 pages (français, anglais, allemand, néerlandais) et 5 CD Phi. Durée : 349’59.

 

Herreweghe_a conversationJamais avare de discours pertinents sur sa vision du répertoire musical, l’évolution et le fonctionnement de ses ensembles, , à l’occasion de ses soixante dix ans en 2017, s’est confié à , journaliste à Musiq’3, directeur de la publication de Forum Opera et auteur d’un autre livre d’entretiens récent avec Christophe Rousset. La retranscription de ces conversations avec paraît dans un livre accompagné de la réédition de quelques enregistrements récents publiés sous son propre label, Phi.

À travers ces libres propos, Herreweghe évoque longuement son itinéraire depuis son éducation chez les jésuites, l’élargissement de son répertoire de plus en plus tourné vers l’oratorio et la musique symphonique romantique (comme plusieurs de ses confrères issus de la musique ancienne et baroque), la direction d’orchestre, qu’il a apprise en autodidacte, les différences liées au fonctionnement des orchestres permanents et des ensembles intermittents. Il revient en particulier sur la diversité des effectifs et la professionnalisation du depuis les années 1970, ses réserves face à l’opéra, au motet français, à Haendel, mais aussi Mozart et Haydn dans une certaine mesure, son refus d’être cantonné à , son enthousiasme pour Beethoven, Schumann, Brahms, Bruckner, Dvořák et Mahler, mais aussi les figures de Gesualdo et Monteverdi, et plus surprenant, la musique vocale de Stravinsky. En filigrane ressortent le doute, le besoin de liberté, le regard critique, la recherche constante de l’excellence, de l’adéquation entre l’effectif instrumental et/ou vocal, la salle et le répertoire abordé, l’éloge de la culture du travail et de la curiosité intellectuelle. Philippe Herreweghe insiste également sur les contraintes d’un emploi du temps surchargé entre ses activités à la tête du , de l’Orchestre des Champs-Élysées mais aussi du Royal Flemish Philharmonic et les invitations d’autres formations.

Les disques joints au livre illustrent l’étendue du répertoire du chef gantois. Ils vont de Gesualdo à Stravinsky et couvrent à la fois la musique vocale profane, la musique sacrée et le symphonique. Une bonne introduction qui ne fait néanmoins pas oublier les réussites majeures qu’il enregistra pour son éditeur historique, Harmonia Mundi (Lassus, Schütz, Schein, Purcell, Johann Sebastian Bach, Fauré notamment).

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