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Premier album du pianiste Dmitry Masleev

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates K. 27 ; K. 466 ; K. 1 ; K. 141 ; K. 32. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Sonate pour piano n° 2 en ré mineur op. 14. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano et orchestre n° 2 en fa majeur op. 102. Dmitry Masleev, piano. Orchestre symphonique national du Tatarstan, direction : Alexander Sladkovsky. 1 CD Melodya. Enregistré en 2016 et 2017. Livret en anglais et russe. Durée totale : 58’15.

 

masleev_chista_melodyaLe jeune pianiste , après s’être grandement fait apprécier en concert, propose à l’orée de ses trente ans son tout premier album pour l’emblématique label russe Melodya. Un artiste qui joue déjà dans la cour des grands.

Lors d’un récent concert à Paris à l’auditorium de la fondation Louis Vuitton, le public nombreux avait pu apprécier le talent inouï de ce jeune artiste, tout droit sorti du conservatoire de Moscou et par la suite lauréat et heureux gagnant de divers concours sur la scène internationale, dont le prestigieux concours Tchaïkovski en 2015. Reprenant un peu l’idée de son programme parisien, le CD débute avec une série de sonates choisies de , tour à tour caressantes et toniques. Ce répertoire, familier en Russie, fait partie de l’apprentissage habituel des élèves, aux côtés de Bach et Beethoven. On se souvient de ces légendaires Scarlatti omniprésents dans les récitals de Vladimir Horowitz. Dès les premières mesures, on reconnaît aisément cet art du toucher de l’école russe, tout en profondeur et d’une incroyable efficacité. se joue des difficultés digitales, chevauchements des voix et autres artifices que Scarlatti se plaisait à semer dans ses partitions. Ces pages font ressortir toute la sensibilité de l’artiste qui défend magistralement leur lecture sur piano moderne.

Le programme aborde ensuite et sa volcanique Sonate n° 2 en ré mineur. Œuvre de jeunesse dont s’empare totalement le pianiste, dans un esprit de spontanéité, comme s’il s’agissait d’une improvisation jaillie dans l’instant. Force des rythmes, mouvement perpétuel sans perdre un lyrisme sous-jacent de grande inspiration. Une nouvelle fois en son jardin, Dmitry Masleev aborde un autre géant russe, , avec son Concerto n° 2 pour piano et orchestre, écrit en 1957 pour son fils Maxime, alors âgé de 19 ans. Tant de grandes versions déjà peuplent la discographie, notamment avec les grands pianistes russes du passé ! Pour autant, ce que propose Dmitry Masleev est tout aussi prodigieux : on y sent l’âme russe toute entière, héritée de ses maîtres, en une compréhension totale des climats propres à ce compositeur. On apprécie aussi la belle prestation de l’Orchestre symphonique national du Tatarstan que dirige , en harmonie enveloppante avec le pianiste. Les prises de son de cet album sont confondantes de réalisme, tant pour le pièces en solo que pour le concerto.

Pour nous quitter en douceur, l’artiste nous propose en guise de bonus une transcription réalisée par ses soins d’une élégie pour orchestre de Chostakovitch, où pour une fois l’âme tourmentée de l’auteur fait la place à une indicible suavité que l’interprète nous offre avec une grande simplicité. On sent chez cet artiste une grande modestie, lui qui pourtant occupe désormais une place de tout premier rang parmi les jeunes pianistes de sa génération.

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