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Histoire de la musique en BD, un classique actualisé

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Histoire de la musique en bandes dessinées. Bernard Deyriès, Michael Sadler et Denys Lemery. Editions Vandevelde. 144 pages. 24,50€. Octobre 2017.

 

histoire_de_la_musique_en_bandes_dessinees L’Histoire de la musique en bande dessinées est un classique de la bande dessinée éducative, dont le premier volume est paru en 1978. Elle ressort dans une version actualisée qui fait entrer , et dans son panthéon musical. 

Bernard Deyriès, dessinateur français, n’avait pas trente ans quand est sorti en 1978 le premier volume de cette Histoire de la musique, qui couvrait la période de la préhistoire jusqu’à Mozart. Accompagné par Denis Lémery au scénario et rejoint par Michael Sadler depuis la traduction en anglais parue en 1983, l’ouvrage a connu un beau succès international avec 17 traductions, qui s’explique par une grande densité de contenu à chaque page. Couvrir toute l’histoire de la musique (la musique savante s’entend, avec une échappée sur le jazz) en 144 pages est un défi, qui oblige à la fois à être synthétique, dense, caractérisant chaque style et des dizaines de compositeurs en quelques mots.

Le passage le plus délicat est celui du moyen-âge, où le lecteur a le moins de familiarité avec les nombreux compositeurs évoqués et où on sent davantage le dur travail de l’apprentissage scolaire, mais pour le reste les auteurs arrivent à croquer les musiciens en quelques mots ou anecdotes croquignolesques, n’hésitant pas à être précis sur les œuvres ou les dates, alternant humour, poésie, trouvailles visuelles (comme l’évolution de la facture du piano ou le paysage romantique avec les monts Beethoven, Chopin, Berlioz et le défricheur Wagner). Toute histoire est subjective, et ainsi s’en tire particulièrement bien et joue un rôle pivot entre classicisme et modernité (on suspecte une affinité particulière des auteurs pour le héraut du romantisme musical). Pour notre époque contemporaine, on admire le sens de la diplomatie, la Seconde école de Vienne, Boulez, Xenakis, Dutilleux, et jusqu’à Dusapin et Adès qui sont évoqués avec leurs mérites respectifs. Boulez en dompteur de notes dans le cirque Domaine Musical est bien vu, un exemple parmi tant d’autres de la créativité des auteurs.

L’ensemble est riche et en fait très sérieux, amusant sans être clownesque. On attache assez de prix à cet ouvrage pour suggérer fortement qu’il soit actualisé sur Mozart et les Africains noirs. Sur le compositeur autrichien, non, son corps n’a pas été « jeté dans une fosse commune » tel un miséreux, c’était l’usage à cette époque à Vienne, et si Mozart est mort pauvre, il avait des revenus confortables. Sur les Africains noirs réduits à l’esclavage en Amérique, préférons dire qu’ils y ont été « déportés », victimes de crimes contre l’humanité, plutôt qu’« importés » comme des marchandises. Surtout, il n’est pas justifiable d’écrire aujourd’hui que leur musique était « primitive », alors qu’elle contenait les ferments qui ont donné naissance au jazz, lequel lui-même a nourri les compositeurs classiques du XXe siècle et d’aujourd’hui.

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