Pave_300x300_Resmusica

Cinema per archi, musiques de cinéma à l’italienne

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Nino Rota (1911-1979) : Concert per archi ; La Strada ; Romeo et Juliette ; Amarcord. Ennio Morricone (né en 1928) : le Hautbois de Gabriel ; Musica per 11 violoni ; Arcate di archi ; Meditazione in Re maggiore pour violoncelle et cordes ; Mosé (version pour violoncelle et cordes). Nicola Piovani (né en 1946) : Il canto dei neutrini pour violoncelle et orchestre ; Buongiorno Principessa pour violoncelle et cordes ; La vita è bella. Archi di Santa Cecilia, Luigi Piovano, direction et violoncelle. 1 CD Arcana. Enregistré du 24 au 28 janvier 2016 à l’Auditorium Parco della Musica, Rome. Notice trilingue : anglais, français et italien. Durée : 72’44

 

cinema_per_archi« Cinema per archi », tel est le titre de cet enregistrement remarquable mettant en regard des musiques pour cordes destinées au concert ou au cinéma de , et Nicolas Piovani.

Trois compositeurs italiens célèbres et talentueux donnent à cet enregistrement une tenue et un intérêt incontestables, à la frontière de la musique de cinéma et de la musique dite « sérieuse ». , et Luigi Piovani assument et transcendent la démarcation floue et théorique séparant ces deux pans majeurs de l’art musical. La proximité, sinon la confrontation, entre ces deux domaines pas si distincts et étrangers que cela, permettent d’affirmer que les catégories importent moins que la brillance intrinsèque des partitions.

Les œuvres retenues appartiennent au registre de la musique pour cordes. Elles sont magnifiquement défendues par les Archi di Santa Cecilia placés sous la baguette de qui, de plus, joue avec intensité et profondeur les parties confiées au violoncelle. Sa direction de haut vol et son jeu tout en inflexions délicates traduisent une interprétation en tout point admirable.

Ennio Morricone envoûte toujours et sans baisse d’intensité avec son thème prégnant qui caractérise Le hautbois de Gabriel, une partie de son admirable travail accolé au film Mission de Roland Joffé (1986), tandis que sa Musica per 11 violoni (1958) bénéficie d’une performance exemplaire et se hisse au rang de musique universelle non connotée à une musique de film. On pourrait appliquer fidèlement le même constat aux œuvres de Nino Rota, en pleine réhabilitation. Ce compositeur est ici très inspiré dans son Concerto per archi (1964/1977) porté par une écriture pétillante, concentrée et ardente, contrastant avec les pièces non moins typiques et lancinantes utilisées dans La strada et Amarcord (Fellini, 1954 et 1979). Le troisième compositeur, Nicola Piavani, à juste titre fort célèbre et apprécié, retient l’attention avec cette noble musique pour violoncelle et orchestre intitulée Il canto dei neutrini (2012), musique ouvertement dramatique, judicieusement opposée aux pièces caractéristiques de La vita è bella, l’inoubliable film de Roberto Benigni (1997-1999).

Ces confrontations en miroir confirment les qualités de Rota, Morricone et Piovani, et montrent toutes les facettes de leur créativité, haletantes ou sombres, exubérantes ou mélancoliques, riches d’une insouciance feinte ou d’une exubérance sans rivages. Un mémorable voyage.

ONL1819-ResMusica728x90

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.