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Les frères Tchalik à la recherche du violon de Proust

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon en la majeur, FWV8 ; Reynaldo Hahn (1874-1947) : Sonate pour violon en do majeur ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Sonate pour violon en ré mineur. Gabriel Tchalik, violon ; Dania Tchalik, piano. 1 CD Evidence Classics. Enregistré salle Colonne (Paris) les 10 et 11 février 2017. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 73’44

 

71GtfHj6O0L._SL1200_Le texte de présentation passionnant de ce CD intitulé « Le violon de Proust » nous convie à participer à l’enquête : il s’agit de débusquer l’œuvre et le compositeur cachés qui inspirèrent à l’écrivain Marcel Proust, dans son roman À la recherche du temps perdu, la fameuse Sonate de Vinteuil.

S’appuyant sur les diverses péripéties de ses personnages, notamment l’esthète et cultivé Charles Swann, Proust évoque plusieurs œuvres pour violon et piano. Parmi les musiques effleurées ou annoncées dans son roman, trois partitions s’inscrivent au programme de cette parution. Trois œuvres interprétées par au violon, et son frère Dania au piano.

La Sonate en la majeur de fait partie des ouvrages évoqués par l’écrivain, même si elle ne semble pas correspondre à la Sonate idéalisée par le narrateur de La Recherche, écrite entre 1906 et 1922 et publiée en sept volumes de 1913 à 1927. élabora sa remarquable composition vers la fin de sa vie en 1886. Les frères Tchalik reproduisent  avec justement sa richesse mélodique et son bel équilibre entre diatonisme et chromatisme. , figure incontournable de son temps, apparaît dans ce contexte avec sa Sonate en ré mineur composée en 1885. Elle bénéficie du courant de réhabilitation de sa musique, que l’on évite à présent de qualifier de bavarde et superficielle pour y apprécier sa fluidité, son élégance, son imagination et son renouvellement mélodique.

L’attention de la notice se porte plus précisément sur , proche ami de Proust qui écrivit à son tour une Sonate en ut majeur (créée au Conservatoire de Paris début décembre 1926). La Sonate de Hahn se caractérise par son agréable et chantant premier mouvement noté « Sans lenteur, tendrement », par le brillant et la souplesse de son inspiration (« Véloce » du second mouvement), certes un peu volubile, mais assurément plaisant (à l’image de ses chansons) dans le finale « Modéré, très à l’aise, au gré de l’interprète ». Là encore, les Tchalik respectent le climat voulu par cet élève de Jules Massenet, et réussissent à rendre encore plus véridique ce propos du Ménestrel, revue musicale d’alors, qui décrit « un petit chef-d’œuvre d’équilibre, de concision et d’élégance ». Quant à la petite source de « voluptés particulières » de la Sonate de Vinteuil, le mystère demeure intact.

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