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Xavier Garcia et Lionel Marchetti : deux artistes à leurs machines

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Xavier Garcia et Lionel Marchetti : Machine lyrique pour sampler, laptop, traitements (Xavier Garcia), magnétophone REVOX B77 à bande magnétique manipulé en direct, corps sonores, percussions, synthé Monotron (Lionel Marchetti). 1 CD Signature. Enregistré à Radio France les 19 et 20 décembre 2016. Notice bilingue (français/anglais). Durée : 60:41

 

Machine-lyriqueLe titre du CD est presque un oxymore. Dans Machine lyrique, et , deux virtuoses de l’électroacoustique, entendent faire « chanter » les machines, avec sampler et laptop pour l’un, magnétophone Revox manipulé en direct et autres matières à percuter pour l’autre. La performance est live et le mixe étonnant, à écouter les yeux fermés.

Le mystère plane concernant l’appellation des quatre plages de l’album, Sept, Dix-sept, Dix-neuf et Huit… Dès les premières minutes, larsens et matière granuleuse et parasitée s’acheminent vers un état de saturation du matériau, véritable mur de son que ne renierait pas la musique noise. Sons de synthèse et bruitage mécanique font naître un univers âpre et fauve, fibré d’impacts énergétiques, au sein d’un espace toujours mouvant.

A la platine du DJ, préfère la manipulation du vieux Revox A77, emblématique d’un low-tech toujours apprécié par les aventuriers du son. La trame est plus fluide dans le numéro suivant, charriant toutes sortes de matériaux et autres textures colorées. Le geste y est puissant et le travail sur la matière toujours aux marges de la saturation, comme dans ce grand crescendo invitant la voix, que les deux performeurs conduisent jusqu’au déchirement.

Les textures sont plus épurées dans la troisième séquence où les machines se mettent véritablement à « chanter » : percussions résonantes, lignes courbes et glissantes sont traités dans un espace très réverbérant, accueillant de nouvelles matières plus ductiles et enveloppantes. Le dernier numéro, le plus développé, est un voyage hertzien sous-tendu par une dramaturgie de formes étranges où s’invite la voix et la pulsation.

Le flux sonore continu est chahuté de blocs, d’impacts et de trames diverses qui enrichissent l’espace d’autant de strates colorées : la polyphonie complexe qui en résulte fait osciller l’écoute entre le merveilleux et le monstrueux.

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  • merci pour l’article…. oui les machines se pilotent à la main, on est bien manuels… mais je reste cependant Xavier :-)

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