Patrick Marcland, compositeur

Patrick Marcland (1944) - photographie (c) Guy Vivien est né à Paris en 1944. Après avoir pratiqué le Jazz comme guitariste, il entreprend des études d’écriture et de guitare classique à l’Ecole Normale de Musique de Paris. Tout en composant pour le théâtre et le cinéma, il étudie la composition avec Max Deutsch, disciple de Schœnberg, la direction d’orchestre, et suit enfin les cours de Claude Ballif au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

Titulaire en 1984 du Prix Georges Enesco de la Sacem, il partage actuellement son activité de compositeur entre ses œuvres pour le concert et sa collaboration fréquente avec des chorégraphes contemporains.

Il a composé ces dernières années pour l’Ensemble Intercontemporain (De Temps en Temps, pour alto et ensemble, en 1996), pour les Percussions de Strasbourg (Mots croisés en 1999) et pour la Philharmonie de Lorraine : Maldoror, pour récitant, chœur d’enfants, chœur mixte et orchestre, créé à l’Arsenal de Metz en 1997 et repris avec l’Orchestre National de France pour l’ouverture du Festival Présences de Radio France en février 2001.

Dans la même période il a écrit plusieurs partitions originales pour la danse, impliquant toujours des musiciens ou chanteurs présents sur scène. Notamment avec Nadine Hemu : Étude en 1995 (en coproduction avec l’Ensemble Intercontemporain) et Sanguine en 1997, puis avec Susan Buirge : Le Jour d’avant en 1999 (en coproduction avec l’Ircam et la maîtrise de Radio France) et Le Jour d’après, pour sept danseurs, un chanteur et deux musiciens, créée en mai 2000 à l’Arsenal de Metz.

Il écrit actuellement une pièce chorégraphique pour une violoniste et une danseuse avec la chorégraphe Laurence Marthouret et travaille, avec le dramaturge Jacques Guimet, sur un opéra : Pandora, pour quatre chanteurs, trois danseurs et ensemble.

Juin 2001

Discographie

Sanguine -- Patrick Marcland

« Sanguine », pièce musicale et chorégraphique pour trois chanteuses et deux danseuses. Sylvie Deguy, mezzo-soprano. Elisabeth Lagneau, mezzo-soprano. Chantal Perraud, soprano. La voix off qui récite le poème de Leopardi est celle de Partizia Lo Sciuto. Direction musicale : Alain Altinoglu. La Muse en Circuit — MU 753 (41’51’’) — 1998.

Sanguine, pièce musicale pour trois chanteuses et trois danseuses, fut représentée pour la première fois en Décembre 1997 au Théâtre de l’Agora d’Evry sur une chorégraphie de Nadine Hernu, avec les interprètes du présent enregistrement et les danseuses Sandrine Bonnet, Nadine Hernu et Marjolaine Zurfluh. Les lumières étaient signées Jacques Chatelet et la scénographie Thierry Leproust. La diffusion sonore était assurée par Kenan Trevien. Le matériau poétique, chanté et récité, est intégralement constitué de la version originale du poème L’infinito de Giacomo Leopardi. La bande magnétique qui accompagne les voix présentes sur scène est élaborée à partir d’un matériau exclusivement vocal, visant à élargir l’éventail sonore (multiplication du nombre de voix) et à leur donner divers prolongements (échos préenregistrés, sons transformés, perspective, etc.). Les trois danseuses forment la projection visuelle des voix, celles-ci, comme les ombres des premières et réciproquement, telles trois personnages féminins sous leur double aspect.

poursuit avec cette nouvelle pièce chorégraphique sa recherche d’une théâtralité de la musique, dans la continuité de Étude, pour six musiciens et trois danseurs, (créée au Centre Georges Pompidou en 95, avec l’Ensemble Intercontemporain et Nadine Hernu) et de Maldoror, d’après Lautréamont, pour comédien, chœurs et orchestre, crée à l’Arsenal de Metz en 1997 …

Versets, Paroles, Failles, Mètres, Variants -- Patrick Marcland

Versets – Paroles – Failles – Mètres – Variants. Nouvel Orchestre Philharmonique. Groupe Vocal de France. Ensemble Intercontemporain. Trio Debussy. Chamade, MFA — CHCD 5636 (56’15’’) — 1996. Avec ce CD Chamade nous avons la possibilité de parcourir l’œuvre purement instrumentale de Marcland. De Versets (1979) à Variants (1976) et en passant par Paroles (1981,82), Failles (1975,77) et Mètres (1972), c’est un grand voyage initiatique dans l’imaginaire du compositeur qui, en ces années les plus inspirées dans le domaine instrumental, a aussi su renouveler son expression, auquel nous sommes conviés. De l’atmosphère inquiétante et contemplative de Versets, aux teintes poétiques nouvelles, à la rigueur de Variants, directement inspirées du sérialisme, et rendant hommage, tour à tour, à Boulez et Webern, la magie du créateur s’exprime pleinement avec maturité et lyrisme.

La critique

« De Temps en Temps », partition délicate et frémissante, atteste la maturité du compositeur par son lyrisme et une expressivité affranchie de toute contingence, et impose une vraie personnalité ». B.Serrou, La Lettre du Musicien.

« Musique du frémissement délicat, nerveux, lyrique ou méditatif, De Temps en Temps s’impose comme un continuum homogène, malgré sa diversité d’humeurs, et atteste une indéniable maturité ». P.Gervasoni, Le Monde.

« Marcland’s Variants proved a work off considerable lyrical beauty and piquancy of incident… This was music whose poetic warmth and lack off doctrinaire procedure made a most winning impression ». AEP, The Daily Telegraph.

« …un authetique créateur. Fidèle à une couleur sonore très contrastée – dans la lignée de Varèse et Xénakis – Marcland s’inscrit cependant dans la tradition française, la meilleure, celle de Debussy, Jolivet, Messiaen ». J.Di Vanni, Compact.

« Marcland maîtrise admirablement les formes. Sa rigueur ôte tout caractère anecdotique à l’indéniable plaisir que suscitent chez lui les timbres et le caractère mélodique de l’écriture. » JM de Montremy, La Croix.

« La musique du Jour d’avant a été composée spécialement par Patrick Marcland et elle est splendide. Parfaitement intégrée au spectacle par la chorégraphe, elle comporte de longues notes tenues et des frottements harmoniques riches et sensuels qui évoquent les plus pures compositions de Schnittke et Ligeti ». R.Sirvin, Le Figaro.

« C’est cela, au niveau le plus haut, qu’on pourrait appeler précisément l’écriture et qui, alors, se confond avec l’inspiration ». G.Condé, Le Monde.

« Aux antipodes d’une partition décoration, on se trouve confronté à une œuvre d’art à part entière, authentique et forte ». (Le Jour d’avant). RD, La Montagne.

« Not horribly dissonant but with a highly developped sense off timbre, Marcland’s music also has a certain veiling about it – a sort off hushed quality that makes even virtuosic passages seem fraught with secret meaning ». S.Ellis, Fanfare.

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