Franckement bon

À emporter, CD, Musique symphonique

César Franck : Symphonie en ré ; Quatre extraits de «  Psyché  ». Orchestre philharmonique de Strasbourg. Direction : Jan Latham-Kœnig. Label : AVIE. Nouveauté 2002.

 

va quitter le Philharmonique de Strasbourg à la fin de la saison au terme d’une collaboration qui n’a pas atteint tous ses objectifs. Le projet initial prévoyait des enregistrements à flux constant : Un CD a enfin vu le jour.

L’Orchestre de Strasbourg reprend ses enregistrements interrompus depuis quelques années, de par la volonté de ses directeurs musicaux et en raison d’un marché du disque morose. Voici quelques années, la politique de l’OPS était de révéler des œuvres moins courues (d’Indy, Parish-Alvars), mais le répertoire fait une rentrée en force aujourd’hui. Avec la Symphonie de Franck, c’est à l’une des discographies les plus complètes que ce nouvel enregistrement doit se mesurer. De Furtwängler à Plasson, de Karajan à Giulini en passant par Bernstein et Münch, tous les grands ont voulu se mesurer à cette partition marmoréenne.

Les plus lyriques ont su trouver la mélodie cachée, tandis que les plus intrépides refusent de lire l’œuvre à l’aune de l’orgue. Dans ce contexte concurrentiel où les plus grand orchestres se disputent la palme, quels sont les atouts de l’Orchestre de Strasbourg? Une grande fluidité des cordes de toute évidence, un mouvement d’ensemble aux intonations très « Europe centrale », fruit du long travail de Theodor Guschlbauer et poursuivi par Jan Latham-Kœnig.

Les vents très travaillés et dotés d’une forte personnalité transfigurent ici une écriture ouvertement organistique et qui suppose par conséquent une mise en place des plans sonores aussi rigoureuse que pertinente.

Mais cette symphonie si prisée peut devenir sujette à ennui si son interprétation n’est pas animée d’un souffle puissant et la personnalité du chef comptera donc autant que sa technique et son style. Jan Latham-Kœnig considère manifestement cette œuvre sous son angle obscur et tortueux, cherche dans les recoins de l’architecture sonore les relents de tempête les plus subtils.

A la réécoute, maints détails inconnus jusqu’à présent apparaîtront pour s’imposer comme des évidences. Dans l’ensemble, l’approche du chef reste classique, malgré un désir d’originalité dans le premier mouvement.

Les quatre extraits de « Psyché » sont en revanche des sommets de tendresse, surtout son premier fragment « Le sommeil de Psyché », qui révèle un Latham-Kœnig d’une étonnante poésie encore rehaussée par une évidente humilité devant cette musique.

Ce disque marquera le retour du Philharmonique de Strasbourg dans le grand répertoire et l’on annonce un enregistrement Strauss …

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