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Amanecer, quatuor de guitares – Oración

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Leonard Bernstein (1918-1990) : Danses Symphoniques de « West Side Story ». Joaquin Turina (1882-1949) : La Oracion del Torero. Astor Piazzola (1921-1992) : Les Quatre Saisons. CD AMA 001, 2003, 51’53. Distribution : Alapage (www.alapage.com).

 

amanecer-300x293Sans conteste, le Quatuor Amanecer ne manque pas d’audace. Tout d’abord de par son existence même. Rares sont les guitaristes qui osent cette formation de peur de la comparaison inévitable avec le Los Angeles Guitar Quartet. Un peu comme les premiers duos qui ont suivis celui de Presti-Lagoya. Ensuite, les oeuvres transcrites sur ce disque ne semblent pas, au premier abord, s’adapter à la guitare si ce n’est Les Quatre Saisons de Piazzolla. Mais voilà, Jocelyn Benoit, Sébastien Lemarchand, Hervé Merlin et David Nicolas ont réalisé ce premier enregistrement qui se trouve être une vraie découverte.

Ce disque s’ouvre sur West Side Story. a réalisé cette version pour orchestre seul quelques années après la composition de la célèbre comédie musicale, rassemblant les moments essentiels et les motifs caractéristiques de cette oeuvre devenue mythique. La transcription pour quatre guitares réalisée par Hervé Merlin respecte le climat si particulier et subtile de cette oeuvre qui allie musique savante (fugue, scherzo), musique chorégraphique (mambo, cha-cha) et musique lyrique (thème des mouvements lents). Les cordes se trouvent rehaussées par l’utilisation intelligente de percussion sur les tables des guitares, d’un sifflet entre les lèvres de Thierry Ferret, complice de longue date du quatuor, ainsi que par les interjections des comparses. Contrairement aux inquiétudes naturelles face à une transcription pour quatuor de guitares, on constate avec plaisir que certains mouvements de la suite se prêtent si bien au quatuor de guitares qu’ils semblent écrits pour lui. A n’en pas douter, Bernstein n’aurait certainement pas rejeter cette transcription ni l’interprétation qu’en font les Amanecer.

Petite pièce intermédiaire mais judicieusement choisie, La Oracion del Torero de Joaquin Turina fut écrite initialement pour le quatuor de luths « Aguilar » en 1925 avant d’être révisée pour orchestre à cordes. Nous ne disposons pas d’enregistrement pour la formation initial mais Turina, à qui la guitare doit de si belles pièces, aurait certainement approuvé le travail de Hervé Merlin tant l’utilisation des guitares est ici à son paroxysme. N’oublions pas qu’il est le compositeur espagnol (ou devrions nous dire andalou) qui a su le mieux utiliser le style des « flamenquiste » dans sa musique. La Oracion del Torero ne fait pas exception et l’on a plaisir à entendre ces quatre guitares qui se prêtent si bien à l’atmosphère si particulière de Turina. le livret nous apprend que le compositeur aurait indiqué sa source d’inspiration : « la vision d’un torero en prière dans une chapelle jouxtant l’arène alors que la foule, déjà installée sur les gradins, s’impatiente. » Nous y sommes : parfois en prière, parfois impatients que le « spectacle » commence.

Pour terminer, Les Quatre Saisons d’. Initialement écrites pour un quintette (bandonéon, violon, guitare électrique, piano et contrebasse), ces quatre pièces sont un clin d’œil à Vivaldi. Mais Piazzolla a préféré nous décrire les saisons au travers d’atmosphères plutôt que nous en donner une description précise comme l’a fait le Prêtre Roux. Il s’agit là de quatre pièces parmi les plus connues du répertoire de Piazzolla tout au moins guitaristique. On ne compte plus les transcriptions pour guitare seule, pour duo et même une version de l’été (Verano porteño) pour quatuor de guitares par le Cuarteto Martinez Zarate. Osons dire notre préférence pour le quatuor Amanecer bien plus vivant et convaincant. L’utilisation des instruments pour les bruitages ne se limite pas ici à de simples effets « faciles » mais ajoute à la conviction que ceux-ci apportent leur contribution à l’interprétation comme au climat – et ça s’entend !

A n’en pas douter, nous avons là les prémices d’un quatuor qui fera parler de lui. On peut lui reprocher parfois un manque de synchronisation mais si léger que la musique occupe tout l’espace sonore. Autre petit bémol, la prise de son trop métallique voire sèche qui altère parfois le lyrisme de certains passages demandant plus de chaleur, chaleur que l’on sent bien sous une attaque de main(s) droite(s) irréprochable. Nous souhaitons longue vie à aux « Amanecer » qui n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs aînés d’outre-Atlantique.

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Leonard Bernstein (1918-1990) : Danses Symphoniques de « West Side Story ». Joaquin Turina (1882-1949) : La Oracion del Torero. Astor Piazzola (1921-1992) : Les Quatre Saisons. CD AMA 001, 2003, 51’53. Distribution : Alapage (www.alapage.com).

 
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