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Soirée Stravinski pour le Ballet du Capitole

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Toulouse. Halle aux Grains. 15.XI.2003.(1) L’Oiseau de feu, musique d’Igor Stravinski (1882-1971), chorégraphie de Michel Rahn, décors et costumes de Jean-Paul Marchesini, avec Roser Muñoz, Vincent Gros, Paola Pagano et Luca Masala. (2) Le Sacre du Printemps. Musique d’Igor Stravinski (1882-1971), chorégraphie de Mauricio Wainrot, costumes Carlos Galardo avec Maria Gutierrez, Paola Pagano et Luca Masala.

Durant la période d’un an de fermeture du Théâtre du Capitole pour des travaux dans la cage de scène, l’essentiel de la programmation lyrique et chorégraphie se trouve déplacée à la Halle aux Grains de Toulouse, lieu magique qui permet une disposition spatiale des spectacles différente de celles du théâtre classique. Pour cette Soirée « Stravinsky » du Ballet du Capitole, on avait cependant opté pour la disposition frontale traditionnelle. Dommage, car on aurait pu gommer certains aspects conventionnels de ce programme « Stravinski », le seul que dansera cette saison la troupe toulousaine dans sa ville et qui comprenait deux ballets majeurs : L’Oiseau de feu et Le Sacre du Printemps.

Premier regret : le superbe Orchestre du Capitole de Toulouse cette fois n’est pas de la fête. Regrettable, s’agissant de deux œuvres majeures du répertoire des Ballets Russes qui méritent un meilleur traitement que la mauvaise musique enregistrée, de surcroît mal reproduite par un équipement qui laisse à désirer ! Le second touche à la qualité de ce spectacle, ni à la hauteur de l’excellence de cette compagnie, ni du niveau auquel elle nous a habitués. La confrontation, lors d’une même soirée, de deux styles chorégraphiques si elle est parfois périlleuse peut être enrichissante. Mais une réalisation néoclassique peu inventive succédant à un ballet d’esthétique datée est bien peu enthousiasmante.! La chorégraphie de L’Oiseau de feu de crée dans la même Halle aux Grains en 1996, dans un décor orientalisant de – un cyclorama constellé d’étoiles et des rochers lumineux – est bien sage avec un vocabulaire classique, des portés bien traditionnels et pourquoi pas ? Mais la représentation d’un goût particulier du monde maléfique de Kastcheï l’immortel avec ses créatures rampantes et ses vapeurs d’azote liquide et de Katscheï lui-même avec sa grande cape rouge qui évoque irrésistiblement Nosferatu, a des aspects grand-guignolesques d’un premier degré qui donne plus à rire qu’à rêver. Et pourquoi tant de faste dans le décor si c’est pour habiller les danseurs comme pour un ballet néoclassique de Balanchine ? Si le couple formé par (La Princesse) et (Le Prince Ivan) est assez convaincant et au niveau d’une chorégraphie assez exigeante techniquement, c’est L’Oiseau de qui dominait la distribution avec beaucoup de grâce et de virtuosité.

Après tant d’excès décoratifs, Le Sacre du Printemps qui suit, sur une scène vide dont le seul accessoire est une baignoire que l’on apporte au moment de la purification de l’Élue, paraît d’une sobriété qui n’est qu’apparente car la chorégraphie de l’Argentin créée en 1994 en Ohio par le Cincinnati Ballet et reprise ici par Andrea Chinetti, nouvelle au répertoire du Ballet du Capitole, n’épargne pas les danseurs. Á tort, car avec ses filles en combinaisons légères et ses garçons torse nus, cela à un petit air de déjà vu. Moins de désordre dans la chorégraphie aurait peut-être conféré plus d’intensité dramatique à un ballet suffisamment narratif pour que l’on n’en rajoute pas. On a l’impression de faire « du sur place » jusqu’à l’épisode de la baignoire purificatrice avant la fin quand les danseurs barbouillent l’Élue (pour une espèce de rite de passage primitif ?) avec de la peinture contenue par leurs paumes. Par leurs personnalités respectives, Luca Massala (Le Chef) qui dégage une énergie étonnante, et , très fragile et touchante « Élue », se dégagent d’un ensemble un peu handicapé par une chorégraphie qui ne les met pas vraiment en valeur.

Crédits photographiques : Patrice Nin

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