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L’art du recitar cantando, La Bella Noeva

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Madrigaux, canzone et pièces diverses de Giovanni Stefani, Claudio Monteverdi, Giulio Caccini, Biagio Marini, Alessandro Grandi, Guido Morini, Marco Beasley, auteurs collectifs (Accordone) et anonymes. Ensemble Accordone (Marco Beasley, chant ; Guido Morini, orgue, clavecin, arrangements et direction).1 CD Alpha 508 collection « les chants de la terre ». DDD. Enregistré en avril 2003. Livret bilingue. Durée : 55’10

 

bella_nueva-300x264Véritable travail collectif, chaperonné par et , cet album se veut selon les propos du luthiste Franco Pavan – auteur de la notice – « un chemin sûr pour pouvoir restituer au mieux la variété des sentiments qui accompagnent ces textes et ces musiques ». Le défi, ambitieux, est relevé d’une main de maître par l’ensemble  ; qui par ses diverses qualités (intelligence musicale, respect du texte, homogénéité…) nous livre un disque tour à tour réjouissant, profond, rafraîchissant ; pour tout dire inspiré.

L’ordre des pièces se présente comme un éventail des diverses expressions amoureuses (et musicales) de l’Italie du début du XVIème siècle, période qui vit le stile moderno ou rappresentativo (monodie accompagnée) supplanter peu à peu le stile antico polyphonique. Annoncé par Emilio De’Cavalieri avec la Rappresentazione di Anima e di Corpo et Jacopo Peri avec Euridice, le « recitar cantando », expression chantée devant rendre le texte intelligible par son organisation et ses conventions d’écriture selon les besoins expressifs, a été réellement imposé en 1602. Cela grâce au recueil Nuove Musiche de , dans lequel ce dernier dit « [avoir] l’idée d’introduire une sorte de musique, de manière que l’on puisse parler presque en harmonie ».

Les arrangements de sont réalisés dans l’esprit de l’époque : ajouts de ritournelles instrumentales sur basse obstinée, jeux d’écho ou de réponses avec la voix, adaptation de pièces populaires ou sacrées… toujours dans l’idée de s’inféoder au texte. La voix de , telle un caméléon, s’adapte avec souplesse aux diverses expressions ; des madrigaux vantant l’amour courtois ou éploré de Caccini (Tu ch’hai le penne, Amore, Udite Amanti, Amarilli) ou Monteverdi (Si dolce è ‘l tormento) à la gouaille des canzone popolari telle la canzone del Guarrancino, vaste amphigouri poético-musical digne de la Comedia Dell’Arte.

Quelques « faux », dont la réussite remise l’Adagio d’Albinoni de Remo Giazzotto aux oubliettes, sont intégrés : ainsi le Concerto Spirituale, pièce instrumentale due à Guido Morini, ou encore l’Alleluja qui conclut le Laudate Dominum (extrait de la Selva Morale e Spirituale) de Monteverdi, chant grégorien composé collectivement par l’ensemble . C’est sur cet « envoi » que se conclut sereinement cet album, servi de surcroît par une prise de son exemplaire.

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