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Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847), Quatuor Op. 80 et 1er quatuor Op. 44. Quatuor Psophos Ayako Tanaka et Bleuenn La Maître (violons) Cécile Grassi (alto) Ingrid Schoenlaub (violoncelle). Notice : Emmanuel Hondré. 2003. 55’14’’. Zig-Zag Territoires. Ref : ZZT030702.

 

Mendelssohn par le Quatuor Psophos-Bartholdy présente bien des points communs avec Mozart. Musicien précoce, le jeune homme né en 1809 eut une vie brève (il ne vécut que 38 ans). Sa création, qui va de la sonate à l’oratorio, est d’un rare raffinement. Sa musique de chambre en est un bel exemple. Même si cette dernière n’a pas acquis la célébrité de son Concerto pour violon en mi mineur ou du Songe d’une nuit d’été, elle n’en est pas moins révélatrice du génie mendelssohnien : inventivité mélodique et maîtrise des formes. Il suffit de citer en exemple ses deux Trios, lesquels sont des modèles du genre. Le présent enregistrement nous offre deux quatuors composés à dix ans d’intervalle. Plus que la séparation temporelle, ce sont les circonstances de leur composition qui importent pour la compréhension des deux oeuvres. Composé en 1837, l’opus 44 se compose de trois quatuors dont le premier numéro nous est présenté ici. Cette première œuvre appartient à une période heureuse de Mendelssohn. Il vient de se marier et ce bonheur a marqué de son empreinte l’œuvre. A la lumière qui se dégage de l’opus 44, nous opposerons l’atmosphère sombre, ténébreuse qui règne dans la seconde œuvre enregistrée, l’opus 80. . . Il contient sans aucun doute la musique la plus tragique que Mendelssohn ait écrite. L’année de sa composition, 1847, sera une année tragique pour Mendelssohn. Au mois de mai, sa sœur bien-aimée Fanny, sera emportée par une embolie cérébrale. Ce quatuor porte le nom très évocateur de « Requiem pour Fanny ». Cette « messe des morts » se révèlera en quelque sorte aussi celle du compositeur. Mendelssohn décèdera en effet le 4 novembre de la même année, atteint du même mal.

L’interprétation du , ensemble exclusivement féminin créé en 1997, est pour le moins remarquable. Malgré la jeunesse des interprètes comme de la formation, nous avons l’impression d’entendre des musiciennes rompues aux secrets et aux difficultés de la musique de chambre. Leur principale qualité est, à notre avis, leur sonorité; qui frappe non seulement par sa beauté mais aussi et surtout par sa grande variété. Sonorité qui s’adapte chaque fois aux besoins de l’œuvre, n’hésitant pas à se montrer âpre et parfois même rugueuse quand la musique l’exige (nous ne pouvons qu’adhérer à cette conception du son surtout à une période où un son « standardisé » est le lot de tant de formations symphoniques et de chambre). Il suffit d’entendre le début de l’opus 80 pour être saisi par cette qualité. Aux trémolos et syncopes du début, joués avec une sonorité âpre, nous plongeant ainsi immédiatement dans le climat de l’oeuvre, succède un thème plus calme où cette formation nous offre toute la rondeur sonore dont elle est capable. A la richesse du son, dont nous venons de parler, s’ajoute une grande sensibilité musicale, indispensable pour rendre chaque détail (le bref glissando du violon au début du troisième mouvement) et chaque climat (l’interprétation de la partie centrale du deuxième mouvement est en ce point exemplaire) de ce véritable chef-d’oeuvre. L’opus 44 au climat si différent, comme il a été dit plus haut, nous permet d’entendre le dans tout son lyrisme et sa grâce.

Cet article ne serait pas complet si nous ne citions pas le label Zig-Zag Territoires dont le travail de découverte, oeuvres et interprètes, dans une période difficile pour le disque classique est digne d’éloges.

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Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847), Quatuor Op. 80 et 1er quatuor Op. 44. Quatuor Psophos Ayako Tanaka et Bleuenn La Maître (violons) Cécile Grassi (alto) Ingrid Schoenlaub (violoncelle). Notice : Emmanuel Hondré. 2003. 55’14’’. Zig-Zag Territoires. Ref : ZZT030702.

 
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