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Music maestro, please !

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Ludwig van Beethoven : Concerto pour Piano, violon et viooncelle en Do Op.56. Robert Schumann : Concerto pour piano en La mineur Op. 54. Martha Argerich (piano), Renaud Capuçon (violon), Mischa Maisky (violoncelle), Orchestra della Svizzera Italiana. Direction : Alexandre Rabinovitch-Barakovsky. EMI Classics 557 773-2.

 

Music maestro, please !Aujourd’hui, les instrumentistes jouent beaucoup mieux que leurs grand-parents. Fruit des exigences rattachées à l’édition discographique, la majeure partie des artistes actuels possèdent une technique instrumentale de loin supérieure à celle de leurs aînés. Un point qui facilite grandement le travail du critique de disques. N’ayant plus à se préoccuper de la technique instrumentale, il ne lui reste plus qu’à découvrir l’artiste derrière le technicien. L’artiste, pas l’icône. Parce que dans ce nouvel enregistrement du mythique Triple Concerto de Beethoven, si les icônes sont là, les artistes semblent être aux abonnés absents. Dans l’introduction du sublime Largo, le violoncelle de est admirable de sensualité et laisse présumer d’un bonheur musical sans limites. Pourtant, l’illusion reste de courte durée. Quelques mesures plus tard, aux abords du Rondo alla Polacca, le violoncelliste nous gratifie de deux superbes « couacs » et de quelques sérieuses erreurs de justesse qui, admissibles dans la fougue d’un concert, ne passent pas la rampe de l’écoute en chambre. Quant à , elle ânonne son texte. Donnant l’impression d’en faire la lecture à vue, la pianiste argentine se contente de jouer les notes sans les interpréter. Il faudra attendre les toutes dernières mesures pour l’entendre envoyer quelques traits saillants et lumineux qui marquent sa personnalité pianistique. Consciencieux, tente bien de remettre les deux vedettes dans les rails de l’œuvre mais sans succès. Son beau violon, sa fougue et son allant ne réussissent pas à rassembler ses deux compères dans le droit chemin d’une interprétation solide et compacte. La désunion est si grande que même l’orchestre se laisse entraîner dans ce désordre. Le son s’affadit, la musique devient grise et sans intérêt.

A l’opposé, quand reprend (pour la nième fois !) le concerto de Schumann, avec le délié de son piano, la fulgurance de ses attaques, l’aisance du discours, la sensibilité, l’immense pianiste est de retour. Tout redevient musique. On a peine à croire que la soliste, l’orchestre et le chef sont les mêmes que dans les plages précédentes. S’il n’existait pas déjà quatre enregistrements en studio de ce concerto, l’interprétation qu’elle en offre ici justifierait notre recommandation (et tant pis pour ce Triple raté !), mais…

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