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Jean-Baptiste Marino : A Mi Vera

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jean-Baptiste Marino. A Mi Vera. A mi vera (bulerias), Cierres de oro (farruca), Nunca te olvidaré, (bulerias), La Costurera (taranta), La Pulsera (rumba), Maestros (solea), Azulejos (minera), Rota (alegrias), Recuerdos (solea por buleria), Mare mediterraneo. Jean-Baptiste Marino, guitare ; Miguel Sanchez, cajon, percussion, palmas ; Antonio Paz, cante ; Isabel Pelaez, cante, palmas ; Jean-Christophe Maillard, saz. 1 CD Bonsaï Music. 5709012. Distributeur : EMI France.

 

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Si vous croyez que la nouveauté flamenco de l’année est « Cositas Buenas », le dernier enregistrement de Paco de Lucia, vous faites fausse route. La vraie nouveauté 2004 est le disque de , « A mi vera ».

sévit depuis quelques années au sein du groupe de fusion de Louis Winsberg, « Jaleo ». Auteur d’un premier disque en droite ligne avec ce courant flamenco, « World Flamenco » désormais indisponible, nous n’aurions pu soupçonner la capacité du guitariste à être si proche de la tradition si nous n’avions eu l’occasion de l’entendre en concert (cf. chronique sur Resmusica du concert organisé à Musicora le 07 mai 2004). Ayant suivi la voie royale du flamenco en accompagnant danse et chant, Jean-Baptiste Marino possède tous les talents et qualités que les amateurs de « flamenco puro » attendent. Il faudra désormais compter avec lui.

Ne parlons pas de technique tant cela paraît n’être qu’un accessoire que Jean-Baptiste Marino met au service de sa musique. Non seulement, le guitariste fait preuve d’une inventivité devenue trop rare mais il dément les détracteurs qui osent encore dire que le Flamenco est une musique de musée. Comme le maître Paco de Lucia, notre guitariste aime les incursions harmoniques dans d’autres styles comme le jazz ou la musique sud-américaine mais de manière si subtile que cela paraît naturel et ne dénigre en rien la rigueur des compas.

Le disque s’ouvre sur une magnifique bulerias dans la plus pure tradition de ce style festif par excellence. Une très belle introduction mélodieuse précède un rythme en contre-temps enlevé. « A mi Vera » est une véritable carte de visite pour Jean-Baptiste Marino. Tout y est, tant sur le plan technique que mélodique. Une rare farruca suit. Cette danse masculine est peu courante au disque mais ce n’est pas pour autant que le guitariste nous sert des falsetas « passe-partout ». Beaucoup d’imagination voire d’audace dans cette composition où l’on trouve même quelques accords brésiliens. Seule pièce où le chant est présent, la bulerias « Nunca te olvidaré » a été écrite par la chanteuse et merveilleuse danseuse Isabel Pelaez. Le chanteur Antonio Paz se joint à elle pour une effervescence de fiesta. Vient ensuite une taranta, profonde comme on les aime. Comme un soupçon de nostalgie, le thème musical semble attendre sa conclusion. Les notes en suspens au sein d’un compas rigoureux nous donnent le sentiment, comme beaucoup de pièces de ce disque, que « La Costurera » se trouve entre tradition et modernité. Un paradoxe que Jean-Baptiste Marino manie avec habilité et sans excès. La rumba est le style le plus connu du grand public tant il a été galvaudé voire déformé par de pseudo « flamenquistes ». Une fois de plus, le guitariste rend au flamenco ce qui lui appartient tout en faisant preuve de beaucoup d’inventivité. Les ersatz n’ont qu’à bien se tenir, La vérité est ici. La solea est un des grands compas du cante jondo et ne souffre pas la médiocrité. Extrêmement exigeant sur le plan du respect rythmique et harmonique, il nécessite une culture flamenca acquise à la source. Qu’à cela ne tienne, « Maestros » s’écoute comme un hommage aux plus grands Maîtres. Hommage digne et révérencieux qui montre le respect de Jean-Baptiste Marino pour ses prédécesseurs qui n’auraient pu qu’apprécier. La très courte mais non moins belle et mélodieuse minera est comme une introduction particulièrement « arabisante » à l’alegrias qu’elle précède. Enfin, une solea por buleria clôt magnifiquement la partie purement flamenco de ce disque. Pour finir, Jean-Baptiste Marino nous offre une ballade pleine de nostalgie. « Mare Mediterraneo » nous permet ainsi d’avoir un aperçu des talents du guitariste lorsqu’il s’aventure sur d’autres terres musicales.

Que les afficionados ou tout simplement ceux qui veulent découvrir le flamenco tout en sortant des grands classiques n’hésitent pas, nous tenons là, l’enregistrement d’un talent exceptionnel. Répétons le : « A Mi Vera » de Jean-Baptiste Marino est LA nouveauté flamenco de l’année.

Pour en savoir plus : www.jeanbaptistemarino.com

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