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Juan Diego Flórez, des airs de grand Ténor

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Juan Diego Flórez. Great Tenor Arias. Orchestra Sinfonica e Coro di Milano Giuseppe Verdi. Direction : Carlo Rizzi. Decca 475 550-2. Notice en anglais, français et allemand. DDD. 58’25’’. 2004.

 

Il y a huit ans, en août 1996, un nom fait irruption dans le monde lyrique : . En remplaçant au pied levé son collègue Bruce Ford à Pesaro, le jeune ténor péruvien pose la première pierre d’une carrière extraordinaire qui le mène très vite sur les plus grandes scènes du monde, de Vienne à New York en passant par Londres, Paris ou Milan. En même temps – et cela sur fond de crise –, il s’impose sur le marché du disque où il vient de sortir son troisième récital.

L’arrogance de son registre aigu et la facilité de ses vocalises font de lui le ténor rossinien par excellence, non seulement de sa génération. D’autant plus qu’il possède une qualité plutôt rare en ce répertoire : un timbre d’une grande beauté. Mais Flórez ne veut nullement se limiter aux Almaviva, Ramiro, Lindoro et autres Comtes Ory. Après avoir abordé Maria Stuarda, Sonnambula et I Puritani et après avoir consacré son deuxième disque, justement, à Donizetti et Bellini, il s’apprête à attaquer Rigoletto et le répertoire français du XIXe siècle. Ce qui lui vaut les réserves de certains esprits critiques qui ne croient pas à l’évolution de cette voix.

Et en effet, ce nouvel album, où Flórez nous offre pour la première fois un choix de répertoire assez vaste (mais aussi très désordonné !), justifie ces réserves. Certes, la voix du jeune chanteur est devenue plus ample, son chant a gagné en souplesse et en nuances. Et il travaille mieux les textes (y compris ceux en français) qu’il ne le faisait au temps de ses débuts. Cependant, la voix aiguë de Flórez connaît encore des limites assez nettes dans l’expression, son timbre claire manque encore de couleurs. Ainsi, il ne nous convainc entièrement que dans les extraits de l’Italiana in Algeri, de Semiramide, du Matrimonio segreto et de la Figlia del reggimento (l’entrée du ténor dans la version italienne). Dans ces opéras, l’expression est liée à la virtuosité du chant, aux coloratures, aux aigus et suraigus, bref à tout ce que Flórez sait nous offrir avec une aisance déconcertante.

Un autre chemin pourrait mener le ténor au répertoire français. Outre l’Orphée de Gluck et le prince Léopold de la Juive, interprétés ici de façon remarquable, on pourrait imaginer Flórez dans des opéras comiques tels que La dame blanche, Fra Diavolo ou Le Postillon de Lonjumeau. Beaucoup plus en tout cas que dans Lucrezia Borgia, Un giorno di regno ou encore Rigoletto (voire Gianni Schicchi, qu’il a déjà – et mieux – chanté à Vienne), des emplois qui demandent une voix plus large, plus dramatique, un jeu plus raffiné de couleurs et une expressivité dont ne dispose pas (encore) le jeune ténor peruvien.

En attendant, on peut se régaler de la prestation tout à fait convaincante du chœur et de l’Orchestra Sinfonica di Milano Giuseppe Verdi ainsi que de la direction alerte et des tempi tout à fait justes du chef italien .

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Juan Diego Flórez. Great Tenor Arias. Orchestra Sinfonica e Coro di Milano Giuseppe Verdi. Direction : Carlo Rizzi. Decca 475 550-2. Notice en anglais, français et allemand. DDD. 58’25’’. 2004.

 
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