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Compil ou Remixage par l’ensemble Organum et Marcel Pérès ?

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Compostela. Ad Vesperas Sancti Jacobi. Codex calixtinus – XIIe siècle – ensemble Organum : J-C. Candeau, J. Casalonga, G. de Gennaro, J-E. Langianni, M. Pérès, A. Sicot, F. Tavernier, L. Terrieux. Direction : Marcel Pérès. Ambroisie réf : 9966. mai 2004. 1 CD : 78’27.

 

On ne peut aborder le Codex calixtinus sans un minimum de références. en donne quelques unes dans le livret d’accompagnement du disque. Tout d’abord l’engouement pour Compostelle voit son apogée aux XIe et XIIe siècles. Le Camino nous offre parmi les plus beaux édifices romans. Mais tout n’a pas été gravé dans la pierre. Et le chant encore moins que le reste. Et encore moins que le chant, la manière de chanter. Les références aujourd’hui indiscutées sont celles de l’Ecole de Notre-Dame, dite aussi Ars Antiqua, dont on sait qu’elle rayonna à travers toute l’Europe et vers la péninsule ibérique en particulier, le Camino étant un formidable vecteur de communication. Ce que nous savons aussi, c’est que le chant de cette époque, puisque de tradition orale, s’est transformé, a été adapté suivant les régions, les personnalités des chantres etc. Les différences d’« interprétation » nous eussent probablement surpris. A supposer que l’usage n’en ait été définitivement perdu, que de variations, de changements, d’altérations les siècles lui auront-ils fait subir ? Jusqu’à ce qu’enfin elle fût notée. Mais notée telle qu’entendue.

Ainsi n’avons-nous nulle certitude sur la manière dont notre Codex était chanté au XIIe siècle ni même quel en était exactement le texte, si texte fixe il y eut. Nous n’avons que l’idée que nous propose la transcription « redécouverte » au XIXe siècle. Déjà, il y a une décennie, , nous restitua le chant de l’Eglise de Tolède (pré-grégorien) à partir d’un manuscrit du XVIIe. Rendons grâce à son honnêteté : le conditionnel, depuis, est apparu avec le doute :

« Nous avons entrepris un travail de recherche ( …) destiné à faire connaître l’univers sonore du XIIe siècle – Cet ouvrage fut probablement écrit … – Calixte II à qui est attribué l’essentiel des textes … – Nous avons choisi de considérer … – Nous avons reconstitué la mélodie … – L’hymne Felix per omnes présente deux mélodies différentes ; nous avons découvert qu’elles peuvent être superposées ( …) Le Codex calixtinus s’enrichit ainsi de deux nouvelles polyphonies … – L’interprétation de cette polyphonie n’est pas évidente ( …) Cette tradition orale a presque totalement disparu après les grandes réformes du début du XXe siècle. »

Qu’il nous soit permis d’abonder ici dans le sens de Marcel Pérès en citant un bref passage du Conduit (n°2) : « Ce sauveur et protecteur de l’Espagne ». Etonnante louange à un sauveur et protecteur d’une Espagne qui n’existe pas encore, la péninsule entière étant livrée aux luttes entre Wisigoths et Arabo-musulmans et qu’il n’a donc encore ni protégée ni sauvée. Le texte serait-il postérieur à la Reconquista ?

Marcel Pères et son excellent nous offrent ici un bel exercice de style.

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Compostela. Ad Vesperas Sancti Jacobi. Codex calixtinus – XIIe siècle – ensemble Organum : J-C. Candeau, J. Casalonga, G. de Gennaro, J-E. Langianni, M. Pérès, A. Sicot, F. Tavernier, L. Terrieux. Direction : Marcel Pérès. Ambroisie réf : 9966. mai 2004. 1 CD : 78’27.

 
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