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Musiques sacrées latines de la Renaissance anglaise

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Œuvres de : Thomas Tallis (v.1505-1585) ; John Sheppard (ou Shepherd) (v.1515-1558) ; Robert Parsons (v.1530/35-1572) ; Christopher Tye (v.1505-1573) ; Robert White (v.1530-1574). Ensemble vocal Jachet de Mantoue : Raoul Le Chenadec, contre-ténor ; Thierry Bréhut et Eric Raffard, ténors ; James Gawings, baryton ; Philippe Roche, basse ; et la participation de : Anne Magouët, soprano ; Michel Géraud, contre-ténor ; Marc Busnel, baryton-basse. Enregistrement : avril 2004 en l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers. Livret d’accompagnement bilingue ; traduction des textes (latins) : français/anglais. Un CD Calliope N° 9343 ; durée : 64’49. Sortie annoncée : novembre 2004.

 

Issus de groupes constitués et déjà prestigieux tels : le Huelgas Ensemble, A Sei Voci ou Doulce Mémoire, les chanteurs de l’, avec ce disque, en sont à leur quatrième opus. Si leur objectif initial était de faire connaître l’œuvre oubliée du compositeur éponyme (ce Jacques Colebault, dit Jachet – prononcer « Jacquet » – di Mantova), d’origine bretonne et qui passa quelque trente années (entre 1535 et 1565) au service du Duc de Mantoue, ils se proposent également de servir, plus généralement, le répertoire de la même époque. Une époque qui est précisément ici, en Angleterre, celle du court règne de Marie (Ière) Tudor (de 1553 à 1558), garante de la vieille foi catholique, et durant lequel la musique, pour le rite latin, aura connu une dernière période de faveur. Ce qu’on appelle la « Chapelle royale » n’est autre que le personnel attaché à la maison royale, entretenu par les différents souverains anglais, et dont le travail consistait à régler et célébrer le service divin de la famille royale.. C’est ainsi que (le plus connu des musiciens rassemblés ici) devient chantre de la cathédrale de Canterbury et « Gentleman » à la chapelle royale pour le compte de la reine Marie puis…d’Elisabeth. Mais il est difficile de déterminer avec exactitude les dates de composition des œuvres écrites dans cette période médiane du XVIe siècle. Aussi bien, avait-on déjà entrepris, dès les dernières années du règne d’Henri, des traductions anglaises des textes de la liturgie latine et l’accession au trône d’un souverain réformiste n’entraînait pas l’abandon systématique de tous les textes latins : il existait même une version latine du fameux livre de prières anglais The First Book of Common Prayer, datant des premières années du règne d’Elisabeth. De même, un , dont l’essentiel de l’œuvre date du long règne d’Elisabeth Ière n’a pas pour autant privilégié la musique destinée à l’Eglise réformée. Il aurait, au contraire, composé près de deux cents œuvres latines, soit infiniment plus que sa seule musique réservée à l’Eglise anglicane.

Les musiques destinées à la liturgie restaurée (sous le règne de Marie, donc) de l’évêché de Salisbury et composées par les Tallis, John Sheppard, Robert Parsons, ou Christopher Tye, à cinq ou six voix sont écrites, le plus souvent, dans un style accordant une large place au contrepoint ornementé, basé sur le principe d’imitation, mais n’excluant pas le verset homophone, homorythmique (et donc syllabique), de façon à préserver la clarté de la déclamation, la compréhension du texte. L’un des procédés les plus courants consiste à confier au cantus firmus (ce qu’on nommait vox principalis, aux XIe et XIIe siècles ou teneur au XIIIe) la mélodie de la psalmodie, en valeurs longues et égales, pendant que les autres voix brodent un jeu canonique diversifié. A cet égard, le meilleur exemple est sans doute ce Precamur Sancte, Domine de .

Le remarquable équilibre des voix, la somptuosité saisissante des timbres et la parfaite justesse des interprètes servis par une prise de son superlative font de ce disque une réelle splendeur. Joseph Samson, dans son ouvrage « Musique et chant sacré », se penchant sur la fonction poétique de ce qu’il appelle la « nomatique liturgique », estime qu’on peut dire de ces chants ce que Renan dit de la religion : « Ils sont le coquillage où se moulent ses formes, le lit où elle se repose et laisse empreintes les sinuosités de ses contours. »

Chantés ainsi, ces textes, s’ils figurent un lit, sont celui d’un long fleuve tranquille sur les rives duquel l’auditeur, même le plus blasé, subit avec délectation l’effet quasi hypnotique d’un flot choral aux suaves harmonies et au subtil miroitement de mélismatiques remous.

On pourra lire aussi la chronique de Didier Velcin, concernant un précédent enregistrement des « Jachet de Mantoue » :

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Œuvres de : Thomas Tallis (v.1505-1585) ; John Sheppard (ou Shepherd) (v.1515-1558) ; Robert Parsons (v.1530/35-1572) ; Christopher Tye (v.1505-1573) ; Robert White (v.1530-1574). Ensemble vocal Jachet de Mantoue : Raoul Le Chenadec, contre-ténor ; Thierry Bréhut et Eric Raffard, ténors ; James Gawings, baryton ; Philippe Roche, basse ; et la participation de : Anne Magouët, soprano ; Michel Géraud, contre-ténor ; Marc Busnel, baryton-basse. Enregistrement : avril 2004 en l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers. Livret d’accompagnement bilingue ; traduction des textes (latins) : français/anglais. Un CD Calliope N° 9343 ; durée : 64’49. Sortie annoncée : novembre 2004.

 
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