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Serge Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano et orchestre n°3 en ré mineur op. 30. Bruno Leonardo Gelber, piano. Orchestre de la Suisse italienne, direction : Isaac Karabtchevsky. 1 CD Transart Live TR127. 2004. Enregistrement public du 14 novembre 1997 au palais des congrès de Lugano (CH). 41’17″. Livret Français-Anglais.

 

se fait assez rare au disque. C’est tant mieux pour ceux qui ont la chance de pouvoir le suivre ou le rejoindre au concert. Chacun d’eux est en effet une prise de risque, nous ne l’avons jamais vu ne pas se mettre en danger. D’où l’intérêt de cet enregistrement public qui n’est pas non plus celui de n’importe quelle œuvre !

Le toucher de est reconnaissable entre tous. Son attaque du son en particulier, toujours très solide, même dans la nuance pianissimo. On sent cette ferme volonté d’amener l’instrument au «son Gelber». Même dans le legato, toutes les notes sont très distinctement détachées, ce qui est un régal pour l’oreille.

Le ton est donné dès l’attaque du thème initial : ce sera magistral, le tempo maîtrisé, le piano omniprésent, la nuance p sera toujours un mf ; sans aucun doute Gelber conçoit l’œuvre non comme un concerto mais comme une sonate pour piano avec accompagnement d’orchestre. Si dialogue il y a, d’entrée le Maître annonce la couleur : c’est lui qui aura le dernier mot. L’orchestre de la Suisse italienne a une très belle sonorité, une légèreté et une précision qui équilibrent à merveille le volontarisme du pianiste. Et Isaac Karabtchevski l’emmène dans l’aventure, le fait suivre sans broncher : l’homogénéité du quatuor est parfaite, les pupitres de vent de très belle cohésion, jamais on ne sent même l’amorce d’une défaillance, d’une velléité de souffler un peu. Ce que l’auditeur ne fait d’ailleurs pas non plus !

L’élégiaque thème du second mouvement annonce un moment de douce volupté, jusqu’à ce que Maître Gelber vienne rompre, et de quelle manière, cette rapide sensation : il vient cueillir son auditeur par l’oreille pour l’emmener jusqu’au bout, sans s’attarder inutilement et attaquer le dernier mouvement sur l’accord de transition d’orchestre le plus sec probablement jamais entendu dans cette œuvre ! Ici encore l’équilibre sonore entre piano et orchestre est parfait. La remarquable prise de son restitue à merveille tous les détails d’attaque de l’orchestre, des cuivres en particulier et bien sûr du piano. Pas une note qui soit escamotée, du début à la fin, sans faiblir jamais. Le crescendo vers la coda est une pure folie pianistique et orchestrale. On entend le maître rugir avec son instrument qui lui, marque le coup : c’est la différence d’avec l’enregistrement en studio : le piano ne peut être «repris» en cours ! C’est surtout la différence entre un instrument au son stéréotypé et un instrument au service parfait de l’intention de l’artiste mais qu’accompagne une grande sensibilité.

Comme à son habitude, Bruno Leonardo Gelber livre de l’œuvre qu’il nous offre, une vision de feu.

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Serge Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano et orchestre n°3 en ré mineur op. 30. Bruno Leonardo Gelber, piano. Orchestre de la Suisse italienne, direction : Isaac Karabtchevsky. 1 CD Transart Live TR127. 2004. Enregistrement public du 14 novembre 1997 au palais des congrès de Lugano (CH). 41’17″. Livret Français-Anglais.

 
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