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Mozart sans grâce

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Œuvres pour piano à quatre mains. Sonates K 497 et K 521 ; Fantaisies pour orgue mécanique K. 594 et K 608. Imogen Cooper et Anne Queffélec (piano). Durée totale : 65’56. 1 CD Ottavo réf : OTR C1292424. Enregistré en 1993.

 

ottavio_cooper_queffelec_mozart-300x300Prise de son un peu fatigante, texte de présentation des œuvres intéressant mais mal traduit, nombreuses fautes de frappe (jusque dans le nom du site du label !). Rien sur les interprètes.

Part très peu connue de sa production pour piano, les œuvres pour piano à quatre mains de Mozart ne sont pas pour autant négligeables et contiennent quelques pages de la plus haute inspiration. Témoins ces deux sonates de vastes proportions, composées respectivement en 1786 et 1787 pour la famille Jacquin et plus spécialement pour Franziska, son élève et égérie d’un cénacle artistique auquel il aimait à se joindre, où le compositeur exprime toute la palette de ses émotions. La K 497 expose une écriture franchement symphonique et concertante dans ses mouvements rapides, tandis que le rêveur Andante central s’élève jusqu’au pathétique. Sans doute moins ambitieuse, la sonate K 521 montre, sous l’apparence d’une musique pour l’intimité, les gouffres du ré mineur -celui du Requiem et de Don Giovanni– dans l’Andante. Les œuvres en complément, originellement destinées à l’orgue mécanique, datent elles de 1790 et 1791. Seule la seconde, où plane quelque chose de la Flûte enchantée, présente un réelle valeur musicale ; Beethoven d’ailleurs l’appréciait.

Pianistes de talent, et proposent de ces deux œuvres privées et quelquefois secrètes des versions sans doute intègres, claires et franches, mais sans guère de magie : ce Mozart-là ne sourit guère et ne s’attendrit pas. Les tempos sont justes, même si l’on peut imaginer plus allant, mais la musique ne semble jamais vivre pleinement ; les passages dramatiques sont pris avec un sérieux assez raide, tandis que les mouvements lents, prosaïques, ne chantent pas.

Toujours précis, le toucher est un peu monochrome et parfois même sec dans les mouvements virtuoses ; la légèreté n’est pas toujours au rendez-vous. Sans doute faut-il aussi incriminer une prise de son un peu soûlante qui grossit les nuances et enlève de la présence à l’instrument. Pris de près dans un local très réverbérant, le piano, continuellement entouré d’un halo, est à la fois cotonneux et un peu glauque tandis que les aigus claquent dans les nuances forte.

Bref, la volonté de bien faire semble avoir pris le pas sur le plaisir et l’émotion de la musique, la probité des interprètes ne va jamais au-delà du texte. Et la concurrence est rude avec le disque autrement abouti du Duo Crommelynck chez Claves, qui réunit ces mêmes sonates et l’Andante et variations K 501.

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