Brendel & Brendel s’offrent Beethoven

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Beethoven. Intégrale des œuvres pour piano et violoncelle. Alfred Brendel, piano. Adrian Brendel, violoncelle. 2 CD Philips 475379-2. Durées : CD1 78’47, CD2 58’62. 2004.

 

Brendel & Brendel s’offre BeethovenEcouter c’est comme boire l’excellent Bourgogne que la maturité seule d’une bonne cave a su nous restituer. Suave et rempli des parfums de champignon et de noisette qui accompagnent les multiples évanescences de son parfum. Nous avons apprécié le pianiste à travers ses multiples enregistrements en solo des plus grandes partitions du XIXe et des plus grands concertos de la même époque. Le tanin de Brendel, sa robe sonore, sa façon de pleurer ou sa façon de nous griser sont dorénavant à jamais essentiels à notre bonheur de mélomane. Il nous a fait approcher Mozart, Beethoven ou Schubert comme aucun autre et c’est en cela que nous reconnaissons dès les premières mesures la patte maintenant presque vénérée de ce grand pianiste.

Est-ce la volonté de Philips que de nous proposer ici un duo presque symbolique avec le violoncelliste Adrian Brendel, son fils ? Est-ce la volonté d’un père d’offrir à sa progéniture les portes de la Gloire ? Le livret qui accompagne ce double CD ne parle en aucun instant ni d’Alfred ni d’Adrian … On pourrait facilement l’imaginer pour Alfred mais pour Adrian aucune biographie musicale n’est disponible et le livret n’en dit mots ! Passé cet indigeste constat, la musique reprend son pouvoir et les Brendel nous racontent une intégrale des œuvres pour violoncelle et piano de Beethoven superbe.

Nous sommes en effet subjugués par la parfaite harmonie musicale qui se dégage du jeu des Brendel. Associée au jeu mythique du père, la main droite d’Adrian montre une extrême générosité, ce musicien n’est pas un avare du cœur, cela se goûte et s’apprécie au palais du connaisseur. Que l’on ne se trompe pas, Adrian n’a pas que du mœlleux, il a aussi le tanin ! Sa façon d’interpréter est proche de la volupté. Les enregistrements ont été réalisés en deux sessions à un an d’intervalle, à vous de découvrir si Adrian joue sur le Galliano ou sur le Stradivari. Ce Brendel nouveau est évidemment d’un bon cru que nous ne manquerons pas de suivre dans les meilleurs millésimes.

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