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Ici, ailleurs …

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Carlo Domeniconi : Variations sur un thème Anatolien Augustin Barrios : La Cathédrale Roland Dyens : Libra Sonatine Carlo Domeniconi : Koyunbaba Nikita Koshkin : Usher Valse. Thanh Nguyen, guitare. CD à compte d’auteur, Réf : THO1/1. Enregistrement 2004.

 

Thanh Nguyen

Vous en souvenez-vous certainement, en mai 2004, Resmusica fêtait ses 5 ans et organisait pour l’occasion un concert de guitare avec l’association Pincez-Moi au salon Musicora. Ce concert nous avait donné l’occasion de découvrir le talent de Thanh Nguen et nous attendions depuis lors son premier enregistrement. Voilà qui est chose faite avec un programme particulièrement alléchant.

Le compositeur-guitariste italien Carlo Domeniconi est devenu une figure incontournable de la guitare grâce, entre autre, aux deux pièces de ce disque. Les variations sur un thème Anatolien font référence à la chanson populaire « Uzun ince bir yoldayim » (Je vais sur une étroite route longue et sinueuse). On retrouve, tant dans le texte de la chanson que dans la musique de Domeniconi ce côté rêveur des musiciens populaires itinérants. On imagine bien Thanh Nguyen voyageant comme les troubadours et contant au travers de la musique les histoires qui parsèment les routes. Barrios est un des compositeurs les plus emblématique de l’Amérique du Sud, grand défendeur de l’authenticité de son pays. La Cathédrale est une pièce très classique en trois mouvements dont le beau prélude est malheureusement souvent occulté par les guitaristes. Pour notre bonheur, il est ici servi avec délicatesse. Dans l’allegro vif et enlevé, Thanh Nguyen fait montre de toute la régularité métronomique et la précision nécessaire. Vient ensuite une des plus belles pièces de la guitare du XXe et du Maître . Particulièrement guitaristique, la Libra Sonatine est un véritable cheval de bataille. Un premier mouvement, « India », qui tangue et swing, précède le très méditatif « Largo ». C’est le troisième mouvement, Fuoco », qui est le plus redouté mais aussi le plus vif. Un morceau de bravoure servi avec panache par la guitariste qui avait eu l’audace de nous l’interpréter en concert en mai dernier à Musicora. Koyunbaba a fait la célébrité de son compositeur, Carlo Domeniconi. Cette suite en quatre mouvements nous fait entrer dans le monde particulièrement éclectique de cet italien qui vécu à Istanbul. On y retrouve les couleurs de l’orient au travers d’un très lyrique premier mouvement où Domeniconi use judicieusement de la scordature qu’il demande (ré-la-ré-la-ré-fa). Les arpèges envoûtants du second mouvement précèdent la méditation du « cantabile » avant le redoutable « presto ». Une œuvre presque hypnotique. Si ce n’est un second mouvement peut être un peu trop lent, Thanh Nguyen captive l’auditeur et nous entraîne dans le monde coloré de Domeniconi. En 1984 le guitariste tchèqueNikita Koshkin compose l’Usher Valse en s’inspirant de La chute de la Maison Usher écrit par Edgar Allan Pœ en 1917. Particulièrement descriptive, cette valse nous entraîne dans la dégénérescence mentale du héros et de la Maison Usher. Une pièce où la violence des accords et des notes « claquées » précède le délire des harmoniques artificielles. Un esprit à la Kubrick dans son Shining.

Un beau premier disque où le seul regret est une prise de son qui n’est pas du tout à la hauteur du talent de Thanh Nguyen.

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