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On Danfe de José Montalvo et Dominique Hervieu

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre National de Chaillot, salle Jean Vilar. 20-I-2005. On Danfe, musique enregistrée de Jean-Philippe Rameau, chorégraphie de José Montalvo et Dominique Hervieu, scénographie et conception vidéo de José Montalvo, costumes de Dominique Hervieu, création sonore de Catherine Lagarde, lumières de Vincent Paoli. Compagnie Montalvo-Hervieu.

Les chorégraphes et sont passés maîtres dans l’art délicat du collage. Avec trois spectacles désormais cultes et qui ont fait le tour du monde, Paradis (1997), Le Jardin Io Io Ito Ito (1999, Laurence Olivier Award en 2000) et Babelle heureuse (2002), trois grands succès présentés au Théâtre de La Ville et au Théâtre de Chaillot, ces deux chorégraphes français ont créé un style utilisant l’image vidéo et la danse en direct sur des images préenregistrées avec une virtuosité étonnante, le mélange des genres et des origines parmi les danseurs et le vocabulaire utilisé. La danse de rue, le hip-hop ont acquis ainsi leurs lettres de noblesse dans des représentations qui mélangent allègrement R. A. P. et Vivaldi. L’année 2003 a été celle de leur mise en scène des « Paladins » de Rameau au Théâtre du Châtelet avec Les Arts florissants sous la direction de William Christie (voir article sur le site). C’est avec Rameau qu’ils reviennent à Chaillot avec un spectacle plus long, durant quatre-vingt minutes, « On Danfe » avec son écriture archaïque, référence à l’univers ramiste de la comédie-ballet. Est-ce le fait qu’un compositeur unique induise un peu de monotonie dans le propos ou bien que le procédé soit devenu lassant, ce dernier spectacle est infiniment moins convaincant que les précédents.

L’absence de fil conducteur d’un numéro à l’autre, la répétition même des numéros, la reprise à l’identique de certaines idées des « Paladins » dans le montage vidéo, et d’anciens spectacles dans la chorégraphie, l’introduction du bavardage dans le spectacle, grand pêché mignon du moment dans la danse contemporaine, distillent peu à peu l’ennui et au bout de trente minutes on a compris qu’il ne se passerait plus rien de nouveau, que jamais on ne retrouverait la jubilation, la fraîcheur de Paradis. Les interprètes n’y sont pour rien, ce sont les surdoués Salah, spécialiste des danses de macadam, Azil, qui imite à merveille les gallinacés, Muriel Henri qui traverse avec un nez de clown et une naïveté salutaire ce bazar en forme d’Arche de Noé, et tous ceux qui ont été de tous les spectacles précédents. Comme les autres, « On Danfe » est déjà programmé pour faire le tour du Monde. Tant mieux, mais on espère sincèrement que Montalvo et Hervieu ne tomberont pas dans le piège du système qu’ils ont créé.

Crédit photographique : © Théâtre National de Chaillot

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