La Scène, Spectacles divers

Niño de Pura et Thierry « Titi » Robin

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Ifs. Espace Jean Vilar. 29-I-2005. 1ère partie, Flamenco : Niño de Pura, guitare ; Rafael de Utrera, chant ; Carmen Lozano, danse ; Juan Ma Real, guitare ; Augustin Henke, percussions ; Ma Jose Alvarez, palmas. 2ème partie, World Music : Thierry « Titi » Robin, guitare, bouzouki, oud et Gulabi Sapera, chant, danse ; Francis Varis, accordéon ; Pascal « Kalou » Stalin, basse ; Ze Luis Nascimento, percussions.

Ve Festival « Sur les routes des musiques tsiganes »

Pour sa 5ème édition le festival « Sur les routes des musiques tsiganes » offre une fois de plus un programme de choix. Au fil des années les rencontres musicales ont été complétées par des expositions photographiques, des films, des documentaires et des rencontres qui, durant trois semaines, permettent de partir à la rencontre des mondes des tziganes, manouches et autres roms. De toutes les origines, ils sont tous représentés rappelant que, malgré les persécutions qui les ont durement touchés, les tziganes ont une culture d’une telle richesse que nous devons tous nous y intéresser si ce n’est l’admirer.

Cette soirée débute avec un guitariste rare en France. C’est en effet seulement la seconde fois que Niño de Pura se produit chez nous. Pourtant, dans ce cercle très fermé des guitaristes flamenco de haute voltige, il s’est fait remarqué très tôt par un second prix, à l’âge de 13 ans, au Premio Nacional de la Peña Los Cernicalos de Jerez. Dès lors et pendant plus de dix ans, il s’offrit le luxe d’un premier prix aux plus prestigieux concours de guitare flamenca. Le concert de ce soir nous donne donc la chance de constater le niveau atteint par cet instrument qui, il y a encore moins d’un siècle, devait se « contenter » d’accompagner le cante et le baile. Et de la technique, Niño de Pura n’en manqueet place la barre très haut ; il est véritablement époustouflant. Ces picados sont vertigineux et n’en finissent pas. Quant au répertoire, tout y est. A commencer par une très belle taranta ainsi qu’une solea en solo. Viennent ensuite les traditionnels bulerias, tangos, alegrias, fandangos, guajira où guitare, chant, percussion, palmas et parfois danse accompagne Niño de Pura. Mais voilà, au-delà d’une maîtrise incroyable de son instrument et de compositions intéressantes, la communion avec le public, pourtant indispensable dans cette musique, ne passe pas. Cela venait-il des complices du guitariste que nous n’avons pas trouvé de la même facture? A commencer par Rafael de Utrera dont le chant n’avait pas la profondeur des cantaores typique du flamenco. Après une heure de musique, nous sortions avec le sentiment que nous avions peut-être raté quelque chose. A n’en pas douter, Niño de Pura est un grand guitariste aux compositions pleines de promesses qui nous offrit une bonne prestation sans pour autant rester inoubliable. A noter son dernier enregistrement de bonne facture « Pozo y Caudal ».

Après un entracte d’une petite heure autour de tapas à l’initiative de l’association France-Espagne, permettant de nous préparer à la deuxième partie de cette soirée, nous attendons fébrilement celui qui, pour la troisième fois honore de sa présence le festival dont il fut un des premiers participant. C’est avec la danseuse et chanteuse du Rajasthan Gulabi Sapera que Thierry « Titi » Robin se produit ce soir. Tous deux parcourent les routes depuis une dizaine d’années pour faire partager leur total symbiose artistique tant musicale que chorégraphique au sein des cultures occidentales, orientales et tziganes. Ils ont décidé, ce soir, de nous offrir un spectacle sur base du répertoire traditionnel rajasthani. Y ajoutant leur touche personnelle, on obtient un numéro d’une beauté incroyable mêlant fêtes et méditation, enthousiasme et transe. Nous retrouvons les grands titres de leur album « Gitans » comme La petite mer, Mehdi ou encore La Famille et bien d’autres. Tantôt à la guitare, tantôt au bouzouki quand ce n’est pas au oud, Thierry « Titi » Robin manie avec un égal plaisir les instruments en fonction de l’atmosphère désirée. Nous nous demandions parfois lequel de nos deux protagonistes guidait l’autre tant leur union et leur complicité étaient totales. Ils nous a même semblé un moment que Thierry « Titi » Robin » avait perdu le contrôle de la situation tant Gulabi Sapera était partie dans une danse ensorceleuse qui n’en finissait pas et nous hypnotisait totalement. Son chant n’a rien à envier à ses qualités de danseuse ; il participe pour notre plus grand bonheur à nous transporter sur des routes peu fréquentées mais sur lesquelles nous reviendrons immanquablement. A noter que les musiciens qui les accompagnaient étaient d’une rare qualité surtout Ze Luis Nascimento dont la maîtrise de ses percussions était tout simplement impressionnante. Deux heures plus tard, le public, debout et déchaîné, en redemandait et le bis fut une surprise de plus nous permettant de découvrir un jeune danseur incroyable, très probablement de même origine que Gulabi Sapera, alliant acrobatie et grâce, tournoyant à genoux sur le plateaux dans une figure typique des danses de son pays. Un spectacle à ne pas manquer s’il passe près de chez vous tout comme les enregistrements de Thierry « Titi » Robinqui vient de sortir chez Naïve une anthologie en 2 CD’s.

Crédits photographiques :© Veronique Guillien et DR

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Ifs. Espace Jean Vilar. 29-I-2005. 1ère partie, Flamenco : Niño de Pura, guitare ; Rafael de Utrera, chant ; Carmen Lozano, danse ; Juan Ma Real, guitare ; Augustin Henke, percussions ; Ma Jose Alvarez, palmas. 2ème partie, World Music : Thierry « Titi » Robin, guitare, bouzouki, oud et Gulabi Sapera, chant, danse ; Francis Varis, accordéon ; Pascal « Kalou » Stalin, basse ; Ze Luis Nascimento, percussions.

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